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Le projet d’écurie Américaine, USF1, officiellement présenté hier sur la chaîne de télévision Speed par ses deux fondateurs, Ken Anderson et Peter Windsor, ainsi qu’en avant-première sur Automoto365.com le 22 Février (lire notre dossier exclusif), sera basé en Caroline du Nord, à Charlotte. Implanter une écurie à des milliers de kilomètres des bases historiques de la F1 (l’Europe), qui plus est dans la capitale emblématique de la NASCAR, beaucoup d’observateurs pensent que le rejet de greffe guettera rapidement USF1. N’a-t-il pas été fait reproche à Honda de polluer ses axes sportifs et politiques en faisant appel à une direction bicéphale, avec un hémisphère lointain, au Japon, et le second à Brackley/Bracknell ?
Anderson et Windsor s’inscrivent en faux. Avec le soutien des plus hautes autorités de la Formule 1 – la FOM de Bernie Ecclestone et la Fédération Internationale de l’Automobile dirigée par Max Mosley – ils tentent de convaincre le microcosme de la F1 qu’une écurie basée de l’autre côté de l’Atlantique est viable au XXIè siècle. Dans notre entretien exclusif, Peter Windsor souligne un fait peu connu du public Européen, « Nous avons réalisé combien les infrastructures technologiques avaient évolué aux USA et combien leur niveau étaient désormais l’équivalent de celles de l’Angleterre et du nord de l’Italie en termes de F1. La technologie est suffisamment développée ici pour envisager de créer une écurie de F1 » explique le Britannique, appelé à prendre les rênes administratives d’USF1.
Et Windsor de rappeler qu’à l’instigation de Bernie Ecclestone, l’Europe ne se taille plus la part du lion au calendrier du championnat du monde : 70% en 1997, 50% 10 ans plus tard ! « En ce qui concerne la logistique, le calendrier s’est ouvert et se déroule désormais à 50% en dehors de l’Europe. Soudain, la faisabilité d’une création d’une écurie non Européenne mais basée aux USA, une écurie qui construirait sa voiture aux USA, prenait tout son sens. Tout a démarré il y a 4 ans et le premier véritable projet fut de concevoir et de construire la soufflerie du Windshear, en Caroline du Nord, ce que Ken Anderson a réussi à faire avec succès. A partir de là, la création de l’écurie de F1 était la prochaine étape logique » poursuit Windsor.
« La course automobile est une industrie qui représente $6 milliard en Caroline du Nord » complète Anderson, « Et tout est concentré dans un rayon de 65km autour de Charlotte. Il est facile de construire un moteur de course, mais prenez un bloc en fonte et essayez d’obtenir le genre de puissance qu’il faut… il y a des gens brillants ici, et les équipements sont excellents. Un banc d’essai ne fait pas la différence entre une voiture de la NASCAR ou de la F1. Une soufflerie non plus. Il y a plus d’équipements et de gens talentueux dans cette zone géographique que n’importe où ailleurs sur la planète. Beaucoup de fournisseurs de la F1 sont installés ici. McLaren Electronics a une antenne à Mooresville [distante de 40km Charlotte]. Nous avions rencontré Gunther Steiner, le directeur technique de Red Bull et Jaguar, dans un café à Davidson. Il y a bien plus de gens ici que ce que croient les gens. »
La confiance en lui et en USF1 est une constante qui transpire dans toutes les prises de position et les réflexions de Windsor. Parfois déstabilisante, souvent en rupture avec les idées reçues – Peter nous a expliqué sans sourciller qu’USF1 pourrait être compétitive avec un budget inférieur de 75% à celui de certaines écuries actuellement engagée dans le championnat du monde de Formule 1 – cette confiance est relayée et entretenue par celle d’Anderson. Le directeur technique du projet a enfoncé le clou en balayant d’un revers de main, l’air goguenard, les inquiétudes soulevées par l’éloignement géographique d’USF1. « Nous vivons à l’air de FedEx, de DHL, d’UPS… La logistique est très simple en fait. Il ne m’a fallu que 20 heures pour revenir de San Francisco l’autre jour, décalages horaires compris » explique Ken Anderson, « Tous ceux qui voyagent beaucoup y sont habitués. Que vous alliez en Australie depuis ici ou depuis l’Angleterre, franchement, ça se discute ! »
« Si vous retirez les Grand-Prix d’Espagne et de Monaco, avec la logistique dont nous disposons, nous rapatrierons nos voitures dans nos usines, à Charlotte, plus rapidement que ne le feront la plupart des écuries Britanniques qui doivent acheminer leurs poids lourds à l’usine, en Angleterre » renchérit Windsor. |