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31 Oct - 15:31
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Qualifications : Hamilton dans un fauteuil

Lewis Hamilton s’est joué de ses adversaires et des conditions de piste, particulièrement changeantes et déconcertantes pour les Bridgestone à la nuit tombée, pour signer la 17è pole position de sa carrière. Le Britannique a dominé les débats d’Abou Dhabi de la tête et des épaules depuis l’ouverture du circuit Yas Marina et se pose comme le grand favori de la finale de la saison. Lewis pourra notamment compter sur son KERS pour contenir ses poursuivants au départ, les duos Red Bull Racing et Brawn GP.

 

Météo : Soleil

Air : 29-30°C

Piste : De 34 à 31°C

Vent : 2,0-6,1 m/s

Humidité : 55-63%

 

A brûle pourpoint, personne ne s’attendait à ce que le principal défi à relever sur le circuit d’Abou Dhabi soit les conditions de piste. Tout aussi élaborés qu’ils soient, les simulateurs avec lesquels les écuries ont préparé l’évènement ne peuvent mimer avec justesse l’hygrométrie, la température et l’adhérence. Surtout lorsqu’elle sont frappées de la danse de saint guy !

 

Le ciel dégagé en toute circonstance est un arbre qui a caché une forêt de paramètres physico-chimiques qui ont joué au yoyo et à cache-cache avec les 20 pilotes du championnat du monde de Formule 1. Entre la dernière séance d’essais libres de la matinée et les qualifications, la température de la piste a chuté de plus de 15°C – un phénomène favorisé par la disparition de l’astre solaire au moment des Q2, ainsi que par le tarmac noir du circuit Yas Marina, qui emmagasine rapidement la chaleur mais la perd sans attendre au crépuscule. Autre paramètres à inclure dans l’équation d’Abou Dhabi : le vent, qui souffle en rafale à plus de 6 m/s, parfois de face, parfois de ¾ arrière, ce qui ne manque pas de déstabiliser les monoplaces au cours des freinages violents. Enfin, l’humidité a été multipliée par 3 entre le début de la 3è séance d’essais libres et la fin des qualifications. Combinée à la température, elle modifie l’efficacité aérodynamique dans un air que les ingénieurs qualifient de plus ou moins lourd.

 

Il est symptomatique que les temps au tour aient suivi une progression exponentielle d’un tour sur l’autre pour une même voiture chaussé des mêmes pneus. Piégé en Q1, Sutil résume la situation en expliquant « C’était une séance remplie de problèmes. En fait nous n’avions pas de grip et on luttait pour en trouver et pour garder la voiture sur la piste dans tous les points du circuit ». D’ordinaire plus véloces sur un tour lancé, les pneus tendres ont vu leurs homologues durs leur tenir la dragée haute. Les monoplaces qui de par leur conception génèrent le moins d’adhérence ont été les premières à passer à la trappe : les Force India mais aussi les Ferrari (avec un Fisichella 20è et un Räikkönen interdit de Q3) ainsi que les Renault. « Notre voiture ne fait plus partie des meilleures » estime Romain Grosjean, « En plus, c’est malheureux mais c’est Fernando qui m’a gêné dans mes deux tours les plus rapides ». Ralenti ou non, Romain n’aurait pas évité le couperet des Q1 comme le suggère l’élimination précoce de son double champion du monde d’équipier. « J’espère qu’on pourra faire quelque chose de bien en course. La piste est large et il pourrait y avoir des opportunités de dépassement » tente de se consoler Alonso.

 

Les paramètres ont semblé glisser sur la combinaison d’Hamilton sans avoir de prise sur son pilotage. Hégémonique des Q1 aux Q3, le Britannique était radieux en rangeant sa flèche d’argent dans le carquois du parc fermé, « Ce n’est jamais facile, mais franchement c’était aussi jouissif que ça pouvait en avoir l’air. La voiture est à son optimum, mon tour s’est passé sans encombre et c’était tout simplement de mieux en mieux tour après tour » observe le champion du monde déchu. Il boira sûrement du petit lait en attendant le champagne dominical en prenant connaissance des malheurs de celui qui lui a succédé au palmarès de la F1, « Les qualifications se passaient bien jusqu’à ce que j’ai de violentes vibrations en Q3 » regrette Button, « A chaque fois que je freinais le volant tremblaient. C’était vraiment bizarre et j’espère qu’on règlera ça à temps pour la course car sinon ça sera un cauchemar ! »

 

Ce soir, Jenson est heureux de ne pas avoir à se battre pour le titre mondial. Sujet aux insomnies depuis la 2è partie de la saison, le cauchemar d’Abou Dhabi aurait fini d’avoir raison de son sommeil.

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