WRC
Moto GP
SalonAutomoto.tv
Formule 1
6 Janvier - 18:20
Bookmark and Share
Räikkönen à cœur ouvert : F1, WRC, fun, tonneau…

Dans sa première interview officielle en tant que pilote de WRC, Kimi Räikkönen livre à Red Bull le fond de sa pensée sur la F1, le rallye, le fun…

 

LE RALLYE

 

Kimi, parlons crûment. Quel est la 1ère voiture de rallye dont vous vous souvenez ?

La Ford Escort de mon frère. Bien sûr, en bon Finlandais j’ai vu les voitures de rallye à la télévision dès mon plus jeune âge. J’aimais Ari Vatanen et la Peugeot 205 T16 de Juha Kankkunen était la meilleure. Le 1er rallye auquel je me suis rendu doit remonter à 1991, le rallye des 1000 lacs, que Kankkunen a gagné avec une Lancia Delta Integrale.

 

Les pilotes de rallye étaient-ils vos héros d’enfance ?

Je n’avais pas de héros, j’étais un fan de sport, pas des pilotes en tant qu’individualité. Durant mon enfance, Kankkunen par exemple, était un pilote de classe mondiale et il aurait pu être mon idole. Depuis, je l’ai rencontré. Il a encore une Peugeot 205 chez lui, ainsi qu’une Audi Quattro Groupe B des années 80. Il pourrait bien m’en prêter une si je le lui demande gentiment.

 

Etait-il inévitable que vous arriviez en rallye ?

J’ai toujours voulu tenter ma chance en rallye, mais je suis arrivé en F1 très vite. Il était donc difficile de faire du rallye sur le côté et j’ai donc dû me faire une raison. L’opportunité ne s’est pas présenté avant très tard – j’avais près de 30 ans. Je pense que la F1 aide un pilote à faire du rallye et vice-versa.

 

Mais il serait ingrat de dire que rongiez votre freins pendant ces 9 années passées en F1 et alors que vous êtes devenu champion du monde ?

Ma carrière s’est développée de la sorte. C’est le bon moment pour arriver en rallye, avec les bonnes personnes et la bonne voiture. J’ai négocié avec une écurie F1 en vue de l’année prochaine, mais nous ne pouvions pas nous entendre à 100%. Puis Red Bull m’a fait une offre de rouler en WRC. Ça me semblait être la bonne chose à faire.

 

Beaucoup de pilotes de course qui sont dans votre position auraient simplement acheté leur voiture de rallye pour le plaisir alors que vous vous serez pilote du Junior Team Citroën et que vous vous frotterez à Sébastien Loeb qui est le meilleur rallyman de l’histoire du sport. Ne vous êtes-vous pas compliqué la tâche ?

C’est sans aucun doute le plus gros défis que je me suis lancé jusqu’à présent. Je dois tout apprendre en partant de zéro. Mais je recherche les défis. Je dois faire connaissance avec l’auto, avec les rallyes, avec les méthodes de travail de mon copilote [Kai Lindström], avec tout. Je suis impatient. Il faut savoir se mesurer à la concurrence si vous voulez réellement savoir si vous êtes bon. J’aurai toujours l’occasion de rouler dans les bois avec ma voiture de rallye privée.

 

Mais lorsque vous avez fait vos débuts en WRC l’année dernière, au Rallye de Finlande, c’était un effort professionnel énorme par rapport à d’autres reconvertis bien connus [ndlr : allusion à peine voilée à Michael Schumacher et au championnat de seconde zone de 2 roues auquel l’Allemand a participé ?]

Si vous faites quelque chose il faut le faire avec la meilleure écurie. Ma voiture avait été préparée par l’équipe Tommi Mäkinen. Ces gars sont de super professionnels. Bien sûr, c’est une structure plus petite qu’une écurie F1, mais très pro. Même si globalement le pilote joue un plus grand rôle en rallye qu’en F1, le meilleur ne gagne jamais avec une mauvaise voiture. C’est pourquoi je voulais un copilote expérimenté pour qu’au moins l’un de nous deux sache de quoi il retournait. J’ai rencontré Kai Lindström grâce à Tommi et nous étions les éclaireurs de Chris Atkinson pendant le Rallye Monte Carlo 2006. Kai est fabuleux ; lui et Tommi ont été champions du monde ensemble. Kai était également celui qui a fait le premier pas vers Citroën.

 

Venir en WRC vous procure-t-il la même sensation que lorsque vous avez effectué vos premiers avec Sauber en 2000 ?

Oui, je me sens un peu comme le jeune Kimi à nouveau. Une voiture du rallye mondial est plus rapide et plus compliquée que la S2000 que j’ai pilotée au rallye de Finlande. Elle st 10 fois mieux à conduire et a plus de puissance. C’est pourquoi vous pouvez vous sortir de situations critiques. Si la FIAT faisait des embardées, avec son moteur atmosphérique c’était fini.

 

 

LE TONNEAU…

 

Parlez-nous de votre tonneau en Finlande l’année dernière

Ce n’était pas parce que j’allais trop vite ! C’était même le contraire. La voiture commençait à partir en morceaux et je voulais simplement rallier l’assistance. La FIAT n’était pas l’auto la plus rapide dans la catégorie S2000, ni la plus stable. J’étais peut-être à 2 mètres de la trajectoire en arrivant dans le virage à gauche et ça a suffit pour nous envoyer en tonneau.

 

Pourquoi votre trajectoire était-elle si mauvaise ?

Je pilotais avec mes yeux et non avec mes oreilles. Mais en rallye vous devez être attentif à 100% à ce que votre copilote vous dit.

 

   

 

Est-ce un point que vous devez encore apprendre à faire ?

Oui. Le pilotage en lui-même ne devrait pas poser de problème. Si vous connaissez une spéciale il y a généralement peu de différence par rapport au circuit. Ce qui fait la différence, ce sont les notes des vitesses de passage [le copilote note toutes les conditions de piste pour chaque étape de chaque rallye] et la confiance qui vous habite. C’est mon principal désavantage – je connais le Rallye Arctic et celui de Finlande. Je dois travailler sur les autres évènements.

 

Pouvez-vous utiliser les notes d’un autre équipage ?

C’est toujours mieux d’avoir les siens. Vous devez être en confiance pour pouvoir aller vraiment vite, et vous n’aurez jamais une entière confiance dans les notes d’un autre. Est-ce que suivre les traces d’un autre pilote aide ? Non. Il n’y a pas moyen de savoir ce qu’a fait la voiture qui vous précède. Vous devez faire ce que votre copilote vous dit de faire.

 

Quand avez-vous fait votre premier tonneau ?

J’avais 14 ans. Avec la Lada de mon frère. Il y avait un circuit à 3km de la maison. Marcus Grönholm s’entraînait là également. J’ai freiné trop tard sur l’essieu arrière et j’ai fait 2 tonneaux. La barre antiroulis s’est également brisée.

 

Votre frère Rami était considéré comme un grand talent en rallye. Conduit-il toujours ?

Non, c’est un père de famille maintenant. Une année il avait été vice-champion derrière Mikko Hirvonen.


Vos neveux ont-ils attrapé le virus de la course ?

Absolument ! Ils n’ont que 3 et 4 ans et ils font sans arrêt du karting. Je leur ai acheté un quad.

 

Etes-vous un bon copilote ?

Non. J’ai été le copilote de Tommi Mäkinen une fois. J’ai une confiance totale en lui mais je ne voudrais pas répéter l’expérience. Peut-être que je m’assoirai à côté de Loeb pendant un test. Je ne pense pas qu’il ferait la même chose avec moi.

 

Vous attendez-vous à faire quelques tonneaux cette année ?

Bien sûr. Sur la durée du WRC il y a une grande probabilité de faire quelques sorties. Chacun fait des erreurs dans ce sport et une règle veut qu’une erreur transforme votre voiture en épave en général. Combien de voitures Jari-Matti Latvala et Hirvonen ont-ils détruits avant de gagner leur premier rallye en championnat du monde ? Le seul pilote qui ne fait pas de tonneau, c’est Loeb. C’est une exception.

 

Pensez-vous que vous serez plus intuitif sur l’asphalte ou sur la terre ?

Nous avons été étonnamment rapides sur la terre mais je serai probablement plus dans mon élément sur l’asphalte. La neige sera le terrain le plus dur. Vos trajectoires doivent être millimétrées alors que sur l’asphalte ce n’est pas grave de retarder son freinage d’un mètre et de virer plus sèchement. Il faut savoir lire la terre. Sur certains types de terre vous avez une adhérence incroyable avec les pneus du rallye et sur d’autres ce n’est pas le cas.

 

Quel type de résultat vous attendez-vous à obtenir ?

Les premiers rallyes seront difficiles. Jusqu’à ce que je sache combien les autres sont rapides, je me retiendrais d’avoir toute attente personnelle. Je suis sûr que je ne serai pas en mesure de rester avec le carré d’as (Loeb, Sordo, Hirvonen, Latvala).

 

Votre équipier, Sébastien Ogier, est également une star en devenir.

Oui, il est très bon. Il est une référence parfaite sur laquelle je pourrai m’étalonner.

 

   

 

LA FORMULE 1

 

Lorsque vous repensez à votre carrière en F1, y’a-t-il un moment que vous préféré à d’autres ?

En F1, chaque tour est plus ou moins le même. C’est plus difficile quand il pleut, mais sinon ça devient rapidement une routine. En rallye, chaque virage ou colline est différente de ce que à quoi vous vous attendiez. Le moment le plus fun que j’ai vécu ces dernières années était de faire le fou avec des amis en scooter des neiges. Je trouve qu’il est difficile de choisir un moment en particulier de ces 9 dernières années.

 

Ce fait de course n’est-il pas entré dans l’histoire : Kimi Räikkönen dépasse Giancarlo Fisichella à l’extérieur de Suzuka dans le dernier tour du GP du Japon, et gagne la course ?

Oui, c’était vraiment bien.


La Ferrari 2009 devait être particulièrement difficile à piloter lorsque l’on voit les difficultés rencontrées par Fisichella lorsqu’il a remplacé Massa, sans parler de Luca Badoer.

L’auto n’était pas mauvaise mais elle manquait d’adhérence. Elle était difficile à piloter mais j’aimais plus la Ferrari 2009 que la 2008. Je ne m’en suis pas trop mal tiré. Mais elle a fait prendre 10 ans à Fisichella en 2 courses !

 

Si vous ne pouvez pas avoir une voiture neutre, que préférez-vous entre survirage et sous-virage ?

Je n’ai jamais aimé le sous-virage. Comment pouvez-vous pousser une voiture quand vous ne savez pas si elle va tourner ? Vous perdez du temps sur circuit mais en rallye vous finissez dans un arbre car vous manquez de place.

 

Dans quelle mesure le sport a-t-il besoin d’une bonne communication ?

En tant que pilote, il y a certaines choses que vous ne pouvez pas communiquer. Aucun pilote de F1 au monde ne parle à un ingénieur aérodynamicien sur un pie d’égalité car ils ont un autre niveau de compréhension. Tout ce que vous pouvez faire est de dire à votre ingénieur de course ce que vous aimeriez. Les mécaniciens sont importants mais ils font ce que les ingénieurs leurs disent de faire. Votre communication est donc limitée à deux, peut-être trois personnes dans l’équipe. Et ce qui est fait de votre contribution est totalement du ressort de l’équipe.

 

En rallye, vous devrez parfois travailler sur l’auto vous-même. Savez-vous comment procéder ?

J’aime ça. En Finlande, j’ai toujours réparé mes voitures. Je travaille sur mes motos également. Il n’y a rien de mal à mettre les mains dans le cambouis.

 

Avez-vous entretenu l’image d’iceman vous survivre en F1 ?

Non. Iceman remonte à très loin. En F1, la politique se met en travers du chemin des choses excitantes. En rallye l’atmosphère est bien plus sympathique et il y a bien moins de politique. Il est plus question des performances des pilotes.

 

Vous avez fait votre service militaire. Quelle est la plus grande difficulté ?

Les deux premiers mois sont stressants. Nous étions constamment en manœuvre. A la fin, on s’embêtait et on faisait des bêtises. A part ça se lever tôt était le pire.

 

Les pilotes de rallye doivent souvent se lever tôt.

Je sais. Mais je devais parfois me lever tôt pour la F1. ça fait partie du travail.

 

 

LE FUN

 

Quel est votre jeu préféré pendant l’intersaison ?

Une snowmobile. C’est très fun de la piloter dans le Lapland avec des amis. Mais le motocross suit de près.

 

Qu’est-ce qui fait qu’une voiture de tourisme est bonne ?

L’espace.

 

Quel est le dernier sport auquel vous vous êtes essayé ?

J’ai commencé l’alpinisme l’année dernière, sur recommandation de mon préparateur physique. C’est fun.

 

Qui gagnera la Stanley Cup [ndlr : championnat de Hockey sur glace Américain, qui est considéré comme la coupe du monde] ?

Les Sharks de San Jose.

 

Qui remportera la médaille d’or de snowboard en half pipe aux J.O ?

Je croise les doigts pour que ce soit des Finlandais, mais il sera très dur de battre Shaun White.

 

Qui sera le prochain champion du monde de rallye ?

Loeb ou Hirvonen. Loeb !

 

Et de MotoGP ?

Les écuries ont-elles beaucoup changé ? Non. Alors Rossi.

 

De F1 ?

Difficile à dire. Je ne sais pas quels sont les projets de Ferrari. Mercedes aura probablement une bonne voiture, McLaren également. Red Bull aussi, probablement. Je décernerai donc le titre en me basant sur celui que j’apprécie : Sebastian Vettel. Il a tellement les pieds sur terre !

 

Etes-vous beaucoup en contact avec lui ?

Je connais mieux Heikki Kovalainen. D’une manière générale je n’ai pas beaucoup de contact avec les gens de la F1. Parfois je joue au badminton avec Vettel. Il déménage du même côté de la Suisse que celui où je suis et nous nous verrons donc probablement plus.

 

La F1 vous intéressera-t-elle si vous n’êtes plus dans la voiture ?

Je regarderai de temps en temps une course à la télévision. Peut-être que j’irai au Grand-Prix de Monaco. Je pourrai obtenir un volant n’importe quand mais il y a beaucoup de mauvaises choses en F1. Les constructeurs se retirent. Ayons la même conversation dans un an et voyons ce que l’avenir nous réserve.

 

Qu’est-ce qu’un titre WRC signifierait pour vous ?

Plus que mon titre mondial en F1. Je ne fais que commencer et je sens que la route sera longue avant d’en arriver là. Personne n’y est encore arrivé. C’est encore un point qui rend le défi intéressant.

6 Janvier
5 Janvier
5 Janvier
4 Janvier
 
 
 
SAISON 2012
 
ACTUALITÉS
 
PHOTOS
 
LA FORMULE 1
 
GOODIES
 
SERVICES
 
POWERED BY
NTNZ
Automoto365 F1 RSS