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Quelle que soit l’écurie dans laquelle il évolue, Kimi Räikkönen semble être le paratonnerre des problèmes incongrus. Comme si les Dieux de la Formule 1 se penchaient sur son sort avec malice, histoire de lui infliger un handicap qu’il doit ensuite compenser par son talent naturel hors norme. Après un titre mondial acquis avec maestria dès sa 1ère année en rouge, on pensait que le chat noir qui logeait dans le cockpit de sa McLaren Mercedes n’avait pas fait le voyage de Woking à Maranello. Depuis Monaco, il s’est rappelé au bon souvenir d’Iceman…
En trois Grand-Prix, Kimi a été la victime innocente de trois incidents peu communs : une roue mal récalcitrante sur la grille de départ de Monaco, un harponnage signé Lewis Hamilton (alors que le Finlandais était à l’arrêt en bout de ligne des stands, une première dans l’Histoire de la F1) et enfin un échappement épris de liberté à Magny-Cours. Avec un brin de réussite, le champion du monde en titre aurait collectionné 28 points entre les Grand-Prix de Monaco, du Canada et de France. Il en a ramené 20 vingt de moins dans sa besace et le suspense au championnat peut finalement s’en féliciter.
A Magny-Cours le week-end dernier, l’échappement cassé de la F2008 frappée du numéro 1 a coûté à Räikkönen 1) La plastique impeccable de la monoplace rouge et donc son efficacité aérodynamique, 2) La victoire et 3) La bagatelle de 150cv. Amputé de près de 25% de sa puissance moteur, le cheval cabré a pourtant rallié l’arrivée en ne concédant qu’une place, au profit de Felipe Massa.
Les temps au tour de Räikkönen ont connu une poussée de fièvre chronométrique dans les 1:20 l’espace de quelques tours, mais après avoir compris comment exploiter sans machine en perte de puissance et de traction, Kimi est parvenu à boucler un tour en 1:17.9. Un chrono qui le rapproche à quelques centièmes près des meilleurs tours d’Heidfeld, Piquet ou encore Coulthard. L’exploit n’est pas mince car Kimi devait composer avec une perte d’appuis aérodynamique (du fait du trou béant ouvert sur le flan droit du cheval cabré), mais aussi une manque de puissance et une traction en berne. Les ingénieurs estiment le déficit à 150cv ! « Le handicap de puissance était plus important que les conséquences aérodynamiques » explique Aldo Costa, directeur technique de la Scuderia Ferrari.
Afin de conserver les températures d’huile et d’eau dans une fourchette compatible avec le fonctionnement du moteur pendant plus de la moitié de la course, Ferrari a appliqué son plan d’urgence en pareil cas. Elle a demandé à Kimi de basculer sur un mélange en carburant plus riche car il a un effet refroidissant – ou moins exothermique – sur les échappements. Diminuer le régime moteur aide à allonger sa durée de vie, mais ce n’est pas absolument nécessaire.
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