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Ça devait arriver tôt ou tard. Il aura fallu 5 Grand-Prix – près du tiers du championnat – pour que le premier pilote du carré d’as sente planer sur lui l’ombre de la menace, une épée de Damoclès qui porte une funeste étiquette, celle du pilote exclu de la course au titre mondial. De Massa, Alonso, Hamilton et Räikkönen, le dernier nommé et premier leader de l’exercice 2007 est aussi le premier à tomber sous le coup d’une mise à l’épreuve. Seule issue possible : au mieux la victoire, au pire la remise en selle, au Canada le 10 Juin.
Depuis sa victoire opportuniste à Melbourne, Räikkönen n’a cessé de chuter dans le classement. En marquant 1 point en deux Grand-Prix, entre Barcelone et Monaco, le Finlandais a descendu trois rangs, du 1er au 4è. Il est aujourd’hui au pied du mur et n’a plus droit à l’erreur. Plus le championnat avance et plus la constatation prend une allure de sentence, pour les observateurs proches ou lointains des évènements. « Etre à 15 points des leaders fait entrer dans une zone à risque » constate Alonso qui, s’il avait été dans le même cas n’aurait pas manqué de soulever qu’il reste 12 GP à disputer et que 15 points de retard sont loin d’être insurmontables. « La prochaine erreur de sa part l’éjectera de la course au titre. Il en fait encore partie, mais il risque de perdre le contact. »
Le problème pour Räikkönen est plus son niveau de performance que son total de points. Depuis Melbourne, Kimi est globalement largement dominé par son équipier. Il ne donne pas l’impression de ne pas être à sa place avec la 4è position au championnat. En ce sens, oui, Kimi est en sursis.
Du côté de Ferrari, on entretient l’espoir, histoire de ne pas froisser en public le remplaçant de Michael Schumacher. « C’est encore très ouvert. S’il n’y avait plus que 2 courses à disputer alors oui 15 points seraient un retard insurmontable » estime Jean Todt, « Mais 15 points en 12 courses, ça fait une moyenne de 1,25 par course, ce n’est pas énorme. »
En interne nul doute que la position de Räikkönen est aujourd’hui fragilisée. La campagne nord-américaine livrera son verdict. Si Kimi parvient à redresser la barre comme l’a fait Massa après Sepang, il sera encore dans la course au titre, intrinsèquement. Dans le cas contraire il pourrait, pour la première fois de sa carrière, être obligé de jouer les seconds rôles. |