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Kimi Räikkönen est champion du monde de Formule 1 ! Non, Kimi ne sera pas le Stirling Moss – le champion sans couronne – de la génération 2000, il devient au soir d’Interlagos 2007 le Prost des années modernes. Alain avait conquis son 2è titre au terme d’un duel homérique avec les pilotes Williams – Mansell et Piquet – en 1986, l’histoire s’est répétée ce soir à Sao Paulo, avec pour discordance le 1er titre, seulement serait-on tenté de dire, de Kimi Räikkönen. Comme Alain Prost il accusait un retard conséquent à l’abord de la finale du championnat (7 points pour le Finlandais, 6 pour le Français), comme Prost il était l’outsider face à 2 pilotes auxquels le titre tendait les bras.
Le parallèle s’arrête là. Keke Rosberg était un lièvre sans consistance en 1986 à Adelaïde, Felipe Massa fut plus qu’un lièvre, un vainqueur potentiel n’eut été la stratégie de course, l’impérieuse nécessité de Felipe de s’effacer au profit de son leader. Massa a parfaitement rempli son contrat, une fois de plus. Après avoir dominé le premier tiers de la course, le Brésilien s’est effacé au profit de son équipier – une erreur juste avant son second pit stop fut finalement la bienvenue dans un monde ou la politique d’entreprise est proscrite.
La couronne de Räikkönen s’est dessinée dans l’effacement de McLaren à Interlagos, et dans les erreurs coupables de Lewis Hamilton dans les premiers kilomètres de course. 2è sur la grille de départ, le Britannique qui se disait insensible aux pressions extérieures, a jugé bon de répondre aux attaques de son équipier, Fernando Alonso, dans le premier tour de course. Une embardée plus loin, Lewis rentrait dans le rang, mais partait à la faute une fois de plus en escaladant un vibreur. Le système électronique de la MP4-22 le rappelait à l’ordre quelques tours plus tard et le Britannique se retrouvait éjecté de la position confortable de leader du championnat à celle de d’outsider, en 18è place après que sa boîte de vitesses ait montré de sérieux problèmes de sélection.
La devise que Räikkönen avait fait sienne 2 ans plus tôt, ‘citius, altius, fortius’ (plus vite, plus haut, plus fort, la devise Olympique), n’a pas eu cours dans la maison McLaren. Le plus jeune champion du monde de l’Histoire reste à ce jour Fernando Alonso, à 24 ans et 2 mois. Les 22 ans et 9 mois d’Hamilton attendrons encore… au moins 12 mois.
Räikkönen est ce soir devenu champion du monde de Formule 1. Enfin serait-on tenté de dire tant Iceman fait fondre les chronomètres et les pronostics. « C’est sûr je ne pensais pas qu’on pouvait le faire avant Interlagos, mais on y a toujours cru, pas seulement aujourd’hui mais toute cette saison » a expliqué Räikkönen. « On s’est battu, on a dû résoudre des problèmes, l’écurie est unie, il y a un formidable esprit d’équipe. J’ai pris un bon départ, j’étais côte à côte avec Felipe, mais nous n’avons pris aucun risque. »
« Je suis revenu à son contact lorsqu’il a fait une erreur mais je ne voulais pas abimer mes pneus. J’aurais pu aller bien plus vite mais la sagesse dictait le contraire. »
La sagesse était bien dans le clan Ferrari ce week-end. Elle barre la route à McLaren pour un titre qui lui dévore les volants depuis la fin du siècle dernier. L’écurie de Woking ne semblait pas pouvoir être battue ce soir, hormis fait exceptionnel. Mais impossible n’était pas Räikkönen. |