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24 Nov - 09:39
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Räikkönen pilote Citroën en WRC ?

« Citroën se réinvente » affirme la nouvelle signature de la marque aux chevrons, Creative Technologie. Le département Sport du constructeur Français pourrait faire honneur au slogan et réinventer le Championnat du Monde des Rallyes WRC. Selon les sources d’Automoto365, l’environnement professionnel de Citroën – au sens large du terme – aurait en effet signé un protocole d’accord avec Kimi Räikkönen. L’affirmation de l’esprit novateur et de la créativité de Citroën serait parfaitement incarnée par ce transfert de savoir-faire entre WRC et F1. A ce jour, jamais un pilote de Formule 1 n’a participé à un championnat du monde WRC, hormis une escarmouche, celle de Räikkönen au rallye de Finlande 2009.

 

L’impact de l’arrivée d’un champion du monde de la discipline reine du sport automobile sur circuit serait considérable pour le championnat du monde des rallyes qui cherche un second souffle. La lisibilité de l’engagement des constructeurs sur le long terme est floue et la récession économique n’a pas aidé à stabiliser le plateau. Le WRC reste solidement ancré dans le cœur des passionnés de sport automobile, mais il doit faire peau neuve pour atteindre sa cible et fidéliser une nouvelle clientèle. La rénovation passe avant tout par une meilleure médiatisation du championnat, ainsi que par sa mise en valeur. En l’espèce, le cousin germain du WRC, le pâle IRC, est un modèle du genre dont il serait judicieux de s’inspirer. Espérons que le vœu formulé par le promoteur du championnat du monde (ISC) ne restera pas pieu. L’ISC définit depuis plusieurs mois un nouveau règlement dont la portée ne se limite pas aux strictes définitions techniques des voitures. Or la médiatisation du WRC ne peut dépendre uniquement d’un règlement : il est urgent de grossir les rangs des voitures officielles du championnat qui peinent à se remplumer depuis le départ l’an dernier de Subaru et Suzuki. De ce point de vue là, l’arrivée supputée de Räikkönen pourrait être le déclencheur de velléités (constructeurs, sponsors) qui n’osent encore s’affirmer.

 

A l’échelle d’un constructeur également, l’enrôlement d’un pilote de la notoriété et de la cote de popularité de Räikkönen serait un succès d’estime et un vecteur commercial et marketing puissant. L’association Citroën/Räikkönen serait un mariage de cœur et non de raison. Cette dernière pousserait Kimi à rosser le champion du monde en titre, Jenson Button, avec l’écurie (Brawn GP, future Mercedes GP) à laquelle il a tourné le dos. Celle qui a pour vocation d’être le fer de lance de la firme à l’étoile a des arguments techniques, humains, et désormais financiers à faire valoir. Mieux, Räikkönen dit avoir encore l’ambition d’écrire un chapitre de sa carrière au volant d’une F1. Le natif d’Espoo pause comme condition sine qua non d’avoir la garantie de pouvoir se battre pour la victoire et pour le titre mondial. Ferrari et McLaren Mercedes affichant complet et/ou n’ayant plus d’atomes crochus avec lui, Kimi doit écouter le chant des nouvelles sirènes, Brawn GP et Red Bull Racing, les deux seules (en dehors des écuries phare mentionnées ci-dessus) qui semblent aptes à pérenniser leur présence au plus haut niveau. Mais le cœur a parfois ses raisons que la raison ne connaît pas, disait Blaise Pascal.

 

   

                 Kimi au rallye de Finlande 

 

Räikkönen pourrait-il être son disciple ? Oui car la piste Mercedes GP s’évanouit quelque peu à cause des prétentions financières de Räikkönen. Le bureau directeur du constructeur de Stuttgart a insisté pour que l’équipier de Nico Rosberg ne soit pas trop onéreux – d’où le crédit que nous accordons à la piste Nick Heidfeld. Oui car l’homme du Nord est naturellement attiré vers la glisse et le pilotage spécifique au rallye, démesuré dans sa prise de risque qui effraie souvent ses collègues pistards. Oui parce que Iceman n’est pas du genre à tergiverser ni à s’appesantir sur le passé. Oui enfin parce que Kimi est un homme de défi et que relever celui du WRC serait historique. Si le Finlandais ne souhaite courir que pour gagner en F1, il ferait volontiers une entorse à sa règle en consacrant sa 1ère saison à un long apprentissage. Sa 1ère participation à une épreuve du championnat du monde, l’été dernier en Finlande, a montré que son talent peut se transposer au terrain du rallye et que le risque d'y ternir son statut de champion est limité. Malgré une sortie de route assez violente, ses résultats ont été valeureux et ont généré l'estime générale du milieu : avant son abandon il occupait le 15ème rang au classement général (le 3ème dans son groupe) et il avait accroché 2 fois le top 14 en spéciales ! « Il m’a surpris, il a vraiment été très rapide, » reconnaissait à l’époque Sébastien Loeb, tandis que Räikkönen affichait son désir de progresser : « J’aime apprendre différentes choses alors […] si j’ai le temps, je ferai plus de rallye. »

 

Quid de Citroën ? Le chevron fait vibrer la fibre patriotique de l’hexagone avec Sébastien Loeb (4 titres Conducteurs et 5 Constructeurs), mais elle aurait tout à gagner à pénétrer durablement le marché Nordique alors que c’est pour l’heure son unique adversaire, Ford, qui réunit les seuls pilotes du Grand Nord à pouvoir briguer victoires et titres. La marque dont l’équipe ‘A’ est au complet pourrait profiter de l’intérêt de Räikkönen pour ses chevrons et lui confier une C4 officielle. La formation du Citroën Junior Team – l’équipe ‘B’ – n’a pour l’heure pas été officialisée pour la saison à venir et, avec le départ d’Evgeny Novikov, une place pourrait s’offrir à un autre pilote venu du froid. Une alternative s’offre au constructeur Français qui pourrait être tenté de faire de favoriser l’émergence d’une écurie composée de deux champions du monde. Petter Solberg – qui utilisait cette saison sa propre escouade d’ingénieurs – ne serait pas opposé à l’idée d’un soutien officiel du constructeur et accueillerait volontiers Kimi au sein de son team. Le champion du monde WRC 2003 a avoué avoir approché Kimi Räikkönen, mais aussi Marcus Grönholm !

 

   

                       Petter Solberg 

 

L’arrivée de Räikkönen serait d’autant plus juteuse si Red Bull associe son image à celle du Finlandais. Kimi est le pilote par essence qui est le mieux à même d’incarner l’esprit ‘dare devil’ du géant de la boisson énergétique. Pilote fabuleusement doué, il enchante les foules par son pilotage instinctif d’attaque, n’a pas froid aux yeux et est un jouisseur dans la vie. Après une saison 2009 sauvée grâce à ses efforts personnels, Solberg fera tout pour vivre une année 2010 plus stable, d’où ses contacts avec les 2 constructeurs du WRC : s’il n’obtenait pas satisfaction en France, il irait sans scrupule frapper aux portes de Ford. Pour l’heure Petter ne nie pas son intérêt pour Kimi, sans pouvoir encore parler d’une réalité. Avec Räikkönen ou Grönholm dans sa mallette des négociations, on imagine mal les chevrons et l’ovale décliner l’offre…

 

De son côté, en embrassant la cause Räikkönen – via le Junior Team ou via Solberg – le constructeur français deviendrait la pierre angulaire du WRC de demain ainsi que le bienfaiteur de ses audiences. Avec Räikkönen, Citroën gagnerait sur le terrain de l’image et de l’estime. En cadenassant Solberg elle aurait l’assurance de laisser les miettes à sa rivale historique, Ford. Forte de la politique d’ouverture mise en place par Olivier Quesnel, Citroën réussirait là sans conteste son plus beau coup médiatique et sportif. Avec le trinôme Loeb/Solberg/Räikkönen qui pourrait se profiler à l’horizon, Citroën serait l’épouvantail sportif de la saison 2010, son glouton médiatique aussi. Pour l’heure, contactée par nos soins, la marque ne fait aucun commentaire, ni pour confirmer ni pour infirmer nos hypothèses et sources d’information…

 

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