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Kimi Räikkönen a terminé sa traversée du désert dans la forêt Ardennaise. Le Finlandais a remporté sa 1ère victoire depuis Barcelone 2008, la 18è de sa carrière, en exploitant les atouts de sa machine à la perfection puis en contrôlant ses adversaires. Accidenté au 1er tour en même temps qu’Hamilton, Button enregistre son premier score vierge de la saison mais la déroute de Webber et de Barrichello (qui fut à deux doigts de caler sur la grille de départ) lui permette de rester sereinement en tête du championnat malgré le podium de Vettel. Fisichella a confirmé le nouveau potentiel de Force India en montant sur son premier podium depuis Suzuka 2006.
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La grille de départ du Grand-Prix de Belgique n’était pas si incongrue qu’il y paraissait hier au soir, lorsque pilotes, ingénieurs, patrons d’écurie et observateurs de tout poil se creusaient la cervelle pour comprendre par quelle opération du saint esprit Force India était passée de lanterne rouge du plateau à écurie numéro 1. Giancarlo Fisichella a pris un envol impeccable et a mené le premier tour de course pendant que le peloton était pris de violentes convulsions qui n’allaient pas tarder à laisser Grosjean, Button, Hamilton et Alguersuari sur le carreau au freinage des Combes. « J’ai pris un bon départ, un peu mouvementé mais j’ai gagné quelques positions. Button a tourné alors que j’étais déjà à l’intérieur dans le virage », explique Romain Grosjean, qui a envoyé le Britannique dans une toupie façon cyclone qui a emporté Hamilton et Alguersuari sur son passage. « C’est dommage car notre stratégie était bonne et elle aurait pu donner quelque chose de bien. Button m’a dit que c’était un peu de sa faute, qu’il ne m’avait pas vu. »
Le son de cloche était légèrement différent du côté du pilote Brawn GP. Button voyait ses craintes se matérialiser – il avait avoué sa peur d’un résultat catastrophique au soir des qualifications. Malgré le peu d’efforts fournis en course, le leader du championnat avait les traits tirés en revenant dans le paddock répondre aux questions. « J’ai pris un bon départ en dépassant Lewis et j’ai gagné 4 places. Alors qu’on était au bout de la ligne droite, Grosjean a freiné trop tard. C’est frustrant d’être mis dehors comme ça. Mark est 5è et c’est le plus gros problème… »
Autre incident dont les dégâts ont eu des prolongements très loin dans la course : un départ moyen de Nick Heidfeld et de Trulli, lequel forçait Räikkönen à virer largement au-delà du vibreur à la Source. Pendant que l’Allemand chutait à la 6è place, l’Italien rentrait aux stands pour changer son aileron. Il y retrouvait Barrichello (qui, après avoir été à 2 doigts de caler sur la grille de départ, en profitait pour changer de stratégie et faire le plein de carburant), ainsi que Sutil. Le pilote de Pescara qui rêvait de victoire après avoir brillé en qualifications finissait sa course dans l’ombre de son garage. « Au premier virage, Heidfeld s’échappait lorsqu’à un moment donné il a subitement hésité et je l’ai touché avec mon aileron avant, ce qui l’a endommagé. J’ai dû en changer mais mon ingénieur a découvert que quelque chose ne tournait pas rond et j’ai dû revenir pour abandonner » relate Trulli.
Derrière Fisichella, Räikkönen était comme un poisson dans un Spa. Son KERS et les bévues de ses adversaires lui avaient permis de pointer au 2è rang aux Combes. La neutralisation consécutive à l’empilement allait bientôt offrir l’occasion de faire un sort à Fisichella, impuissant face à l’agressivité du champion du monde 2007 et à son KERS. Kimi était même obligé de lever le pied pour ne pas percuter l’Italien dans le raidillon… « On savait qu’on avait plus ou moins la même stratégie que Giancarlo et il fallait donc que je le passe rapidement. J’ai bien pris soin de le suivre de très près dans l’Eau Rouge mais j’ai perdu des appuis et la voiture a commencé à chasser ; puis je me suis servi du KERS », explique Räikkönen. Le reste de sa course ? « Il fallait simplement éviter de faire une erreur » lâche le Finlandais en laissant entendre qu’il avait contrôlé les évènements durant les 41 tours restant où la Force India semblait arrimée à son train arrière. Pour Kimi la victoire est d’autant plus douce qu’elle se refusait à lui depuis le 27 Avril 2008. Elle tombe à point nommé au moment où la rumeur prétend que Ferrari souhaite le remercier. « Elle rendra ma vie plus facile », reconnaît Räikkönen sens préciser le fond de sa pensée mais en préférant insister sur son 4è sacre Belge en 5 Grand-Prix « Entre Spa et moi c’est une histoire d’amour. J’aurais pu gagner l’année dernière, ça aurait fait 5, mais bon. C’est un circuit génial, avec beaucoup de dénivelé, on prend un plaisir de pilotage énorme ici. Pourtant, nous n’avions rien changé sur l’auto en arrivant ici. Donc obtenir la victoire est vraiment gratifiant. Désormais on essaiera de conserver la 3è place au championnat Constructeurs ; même si nous ne sommes pas les plus rapides on peut espérer faire de bons résultats, et pourquoi pas encore une victoire ? »
Pour Fisichella, la 2è place de Spa-Francorchamps a pris des allures de victoire. Le Romain a offert à Force India ses premiers points et il a personnellement renoué avec le podium pour la 1ère fois depuis 3 ans. Avec l’exacte même stratégie que Räikkönen, mais avec une VJM 01 dépourvue du KERS, Giancarlo ne pouvait espérer faire mieux qu’un premier accessit et il était tout heureux que Vettel, englué dans le peloton pendant le 1er relais, ait entamé sa remontée tardivement. Sa 2è place permet en outre à Force India de laisser à Toro Rosso la place peu convoitée de lanterne rouge du championnat. « Notre objectif était de marquer des gros points. Ces 8 points sont importants pour l’écurie. Honnêtement je pense que j’étais plus rapide que Kimi mais il était impossible de résister au KERS. Je suis 2è à 1 seconde du vainqueur, c’est satisfaisant. »
8è sous la rampe des feux, 7è au re-start, Vettel était bloqué derrière Kubica, Glock, Webber et Heidfeld au début de son premier relais. L’Allemand a certainement eu le temps de se demander pourquoi les stratèges de Red Bull Racing (les pires du paddock depuis le début de la saison) lui avaient conseillé d’attaquer les Q3 avec un fardeau d’une petite vingtaine de kg – la différence de poids entre son réservoir et ceux de Fisichella et Barrichello ! « C’était forcément compliqué après le résultat des qualifications » expulse Vettel dans un demi-sourire, à la fois frustré de savoir que la victoire aurait dû être sienne et soulagé de savoir que ses principaux rivaux avaient bu la tasse, « J’ai pris plus de points que les autres et le résultat est donc satisfaisant. J’ai été trop prudent au départ lorsque Nick est parti en travers et j’ai perdu une place dans l’affaire. Après, j’ai pu trouver un bon rythme dans le 2è relais. »
Et le jeune Allemand de donner la morale de l’histoire Belge, « Le championnat est totalement fou ! Il est encore très ouvert. Quand on voit ce dont Force India était capable aujourd’hui, on se dit que tout peut arriver ! » |