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Peu importe qu’il soit lointain, indirect ou ténu, le rapprochement entre un champion du monde et une écurie de Formule Un ne peut laisser indifférent. A plus forte raison lorsque ce champion possède un talent naturel hors norme qui lui permet d’évoluer au plus haut niveau du rallye mondial, et que l’écurie en question poursuit la reconstruction de son image et de son palmarès un an après les dégâts du scandale du GP de Singapour et 4 ans après son dernier titre mondial.
De pourparlers il n’y a pas, pas plus que de négociations. Les deux parties ne franchiront peut-être jamais ce cap. A l’aune des excellents résultats de Renault en 2010, Räikkönen a voulu prendre la température du losange et savoir s’il pourrait éventuellement lui servir de tremplin pour revenir à ses premières amours de pistard. Fort des informations que Renault aura bien voulu lui transmettre – Projet technique ? Financement ? Possibilité d’embauche d’un pilote titulaire en lieu et place de Petrov ? – Kimi se forgera une première impression.
Mais le pilote d’Espoo ne tire pas les ficelles. Renault reste maître de son destin et du choix de ses cadres. En l’espèce, Räikkönen apporte une plus-value sportive indéniable mais Petrov n’est pas dénué de qualités aux yeux d’une écurie qui n’envisage pas encore de briguer la couronne mondiale. « C’est marrant parce que les gens pensent que tout va bien désormais et que nous allons changer nos pilotes. Un certain pilote de rallye n’était plus intéressé par la F1 mais est entré en contact et souhaiterait revenir en F1. Mais nous s’en sommes pas encore là » prévient le président de l'écurie Anglo-Française, Gérard Lopez, dans une interview accordée à Autosport.
Et le Luxembourgeois de rappeler le business plan et la philosophie de Renault, moins d’un an après son rachat : business is business et Vitaly Petrov a probablement des arguments plus percutants qu’un Räikkönen, tout champion du monde qu’il est. « Elles sont très importantes [les conditions financières d’une écurie]. Nous utilisons la F1 et nous devons faire avancer notre équipe pour avoir du succès car nous utilisons cette plateforme pour faire des affaires. Et comme vous le savez, c’est une question d’image : les gens aiment faire des affaires avec des écuries gagnantes. Tout est donc lié. Pour nous, hormis la mission d’Eric Boullier et de l’écurie qui est de recommencer à gagner des courses, le business est la considération n°1. Elle est devenue encore plus importante maintenant que nous avons consolidé l’équipe. Il est plus important de construire l’équipe, d’utiliser cette plateforme pour faire des affaires […] Vitaly n’est pas un pilote payant, mais les sponsors qu’il a drainés ou qui sont arrivés après lui, comme Lada, sont, de très bons partenaires. »
« Vitaly n’a pas apporté les sommes dont on a entendu parler. Mais il est un bon pilote. Il était 2è du GP2 l’année dernière et aurait facilement pu gagner le championnat sans 6 casses [ndlr : Petrov n’a essuyé qu’une casse moteur mais a été impliqué dans deux accidents]. Mais en plus, 250 millions de personnes qui parlent le Russe croient en lui et nous serions donc stupides de ne pas assumer qu’il y a matière à faire des affaires avec ça. Mais nous devons construire le pilote. Il est un élément très important pour nous, tout comme Robert [Kubica]. » |