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La plus grande confusion régnait hier dans le paddock d’Hockenheim, et ce n’est pas à la gloire de la FIA et de ses méthodes de fonctionnement qui font penser à certaines lourdeurs administratives dont on pensait qu’elles étaient l’apanage de pays tétanisés par leur modèle obsolète. La Fédération Internationale de l’Automobile a voulu interdire le système de suspension révolutionnaire utilisé par Renault, à absorption de vibrations (inclus dans le museau des R26). D'autres écuries (on parle de 6 au total, dont Ferrari) utilisaient également ce système lors de certains rendez-vous.
En quoi consiste le système de suspension à absorption de choc ? Sommairement, une masse placée entre deux ressorts, le tout situé dans le museau de la monoplace bleue et jaune, se déplace et prend une position à l’équilibre, en fonction des imperfections de la piste, afin également de gommer les problèmes de transfert des masses lors des gros freinages et accélérations, et le talonnage de la voiture. La FIA avait tenté dans un premier temps d’interdire le système, sous prétexte qu’il représente un bénéfice… aérodynamique ! L’article 3.15 du règlement technique stipule en effet que tout élément aérodynamique doit être fixe et non mobile. Un argument qui ne tient évidemment pas… la route, contrairement au dit système. Renault est parvenu à démontrer qu’il n’y a pas supercherie et que le système utilisé n’apporte aucun bénéfice en terme d’aérodynamique.
A 9h hier matin, Renault préparait ses monoplaces en conséquence. A 11h les commissaires du circuit d’Hockenheim – mandatés par la FIA et dont les décisions ne sont généralement pas remises en question par son organisme de tutelle – avalisaient le système de suspension Renault. Peu avant 13h, la FIA faisait savoir qu’elle interjetait appel de la décision des commissaires ! Un appel suspensif et qui suspendait une épée de Damoclès au-dessus du nez alourdi des R26 : si elles utilisent le système de suspension par absorption de choc en course mais que la FIA remporte son appel, les résultats des R26 seront perdus sur tapis vert !
Renault a donc courageusement pris la décision qui a permis de mettre un terme temporaire à la polémique en annonçant qu’elle se refuse à utiliser le système validé mais en sursis. Le point positif de cette affaire est que l’on pourra donner une estimation du gain apporté par un tel système aujourd’hui montré du doigt, mais pourtant adoubé par la FIA depuis l’année dernière et qui a participé à la majorité des courses cette année ! |