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30 Sept - 11:52
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Renault sera-t-elle en F1 en 2006 ?
L’avenir de l’écurie Renault en Formule Un n’est pas garanti au-delà de 2005. La rumeur court dans différents paddocks depuis plusieurs semaines, que la formation au losange pourrait – sous certaines conditions – se retirer de la discipline reine du sport automobile, et quoi qu’il en soit reconsidérer son implication dans la compétition sur piste.

« Toutes les options sont à saisir pour le moment. Aucune décision n’a été prise mais nous n’avons pas de discipline sacrée » a révélé une source proche de Renault au magazine Autosport. « Chaque programme de course devra justifier son existence et aucun ne sera autorisé à poursuivre son existence sous prétexte qu’il est déjà présent sur la scène. »

L’origine de la refonte de la politique sportive de Renault est connue depuis le début de l’année et l’annonce du remplacement de Louis Schweitzer par Carlos Ghosn, actuel grand manitou de Nissan, connu pour ne pas être un inconditionnel de la Formule Un à des coûts exorbitants. La philosophie de Carlos Ghosn, claire comme de l’eau de roche et participant d’une logique certaine, est expliquée par le vice-président de Nissan, Simon Sproule : « Son schéma de pensée est ‘En quoi est-ce que cela nous aide à vendre des voitures ?’. »

Ghosn n’est pas, loin de là, foncièrement opposé à un programme sportif, mais doit avoir une idée précise des retombées pour la marque qu’il dirige, à savoir la vente de voitures, finalité de tout constructeur. « Depuis qu’il a rejoint Nissan en 1999, nous avons mis sur pied un programme Dakar et introduit la Nissan 350Z dans le programme GT au Japon » poursuit Simon Sproule. « S’il avait été allergique au sport, il n’aurait pas permis à ces programmes de se développer. Nous considérons le sport comme une activité purement marketing. »

GP2004 a en outre appris que Renault pourrait – encore une fois sous certaines conditions – se retirer de la Formule Un à la fin de la saison 2005, quitte à recadrer ses objectifs et à se lancer, pourquoi pas, dans un programme Rallye WRC. L’avenir de Renault en F1 passera par une réduction drastique des coûts, raison pour laquelle Max Mosley milite haut et fort pour une discipline moins onéreuse, craignant que Ford fasse des petits. Si le rapport retombées/coûts n’est pas revu à la hausse, le losange pourrait disparaître du paysage F1. D’où la décision de Flavio Briatore de quitter Enstone à la fin de la saison prochaine.

La victoire est nécessaire...

... mais à quel prix ?
Ces dernières années, le groupe Renault est devenu tentaculaire en sport automobile : Formule Un, World Series by Nissan (qui deviendra World Series by Renault en 2005), Formule Renault V6, coupe Clio, Formule Renault, mais également bras armé et fondateur du GP2, qui remplacera la F3000 dès la saison prochaine. Autant d’activités se justifient-elles ? Non, surtout lorsque plusieurs disciplines sont en concurrence (World Series et Formule V6, et dans une moindre mesure GP2) et Renault devra définir ses priorités dans les prochains mois. Les formules de promotion ont leur raison d’être, Renault se posant comme l’une des principales universités de formation des jeunes pilotes, à moindre frais. Au-delà de la Formule Renault, les programmes sportifs deviennent plus complexes à gérer car notamment beaucoup plus chers, et ne permettant pas à Renault de démontrer sa valeur face à des concurrents. En détenant le monopole, Renault gagne sans gloire, et parfois devant des tribunes vides.

La Formule Un est cependant la seule discipline sur piste dans laquelle Renault se mesure aux autres grands constructeurs mondiaux, et est en outre encore une vitrine d’excellence et de technologie. Couper les pattes aux R26, alors que Renault se pose comme l’une des forces montantes de la F1 depuis deux ans serait catastrophique au niveau de l’image, et donc des retombées, mais aussi un échec sportif si le losange ne décroche pas le titre en 2005.

Jean-Francois Caubet, responsable de la communication chez Renault, dément d’ailleurs un retrait de Renault de la F1 à court terme. « Pour Renault c’est très clair. Tant que nous avons de bons résultats et des sponsors, nous poursuivrons sur le long terme jusqu’à ce que nous soyons champions, et nous investissons sur l’avenir. »

Tout est dit : que Renault soit un prétendant au titre F1 dans les deux ans à venir – à moindre frais, ce qui sous-entend une réduction des coûts ou/et un partenariat avec de sérieux bailleurs de fonds – et elle poursuivra son aventure F1 entamée au début du millénaire. Dans le cas contraire…
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