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20 Février - 19:00
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Retrait de Michelin : aucun impact sur son programme de développement !

Nick Shorrock, directeur de l’activité F1, fait le point sur le programme de développement du manufacturier.

 

Comment le changement de motorisation des V10 aux V8 a-t-il affecté les charges auxquelles les pneus de Formule 1 sont sujets ?

Nos pneus subissent des charges moins élevées en lignes droites, où les vitesses s’avèrent moins grandes qu’auparavant. Il est possible toutefois que les voitures glissent davantage dans les virages, parce que les pilotes utilisent des techniques différentes pour tirer le meilleur de leurs nouveaux moteurs, mais jusqu’ici, les charges verticales et latérales semblent sensiblement identiques à ce qu’elles étaient en 2005.

 

Un moteur plus léger et moins puissant signifie-t-il que vous pouvez opter pour des mélanges de pneus plus tendres ?

Au début, avec des voitures qui semblaient glisser davantage, il n’était pas du tout évident que ce serait le cas. Mais au fur et à mesure que les séances d’essais s’écoulent, on constate une tendance à utiliser des mélanges plus tendres qu’en 2005.

 

Les nouveaux règlements ont été conçus dans l’optique de réduire la vitesse en courbe. Des pneus plus tendres ne vont-ils pas au contraire permettre aux voitures des vitesses plus élevées ?

Il semble que les temps au tour seront plus lents cette saison. Cela dit, les vitesses de passage en courbe pourraient bien être un peu plus rapides qu’avant. Ce qui n’est pas le seul fait des pneus – les moteurs V8 nécessitent des refroidissements moindres que les V10 et permettent ainsi davantage d’efficacité aérodynamique.

 

Quelle différence au tour risque-t-on de constater entre les chronos 2005 et 2006 ?

Cela variera en fonction de la nature de chaque circuit, et la différence sera plus importante sur les circuits à haute vitesse. En ce moment, il semble que 2.5 secondes au tour soit une valeur typique, bien qu’il faille s’attendre à ce que ce chiffre se réduise au fur et à mesure que les ingénieurs affinent leurs monoplaces.

 

Etes-vous partis d’une feuille blanche cette saison, ou avez-vous pu vous baser sur des données recueillies en 2004 et 2005 ?

Ce n’est absolument pas un départ de zéro. L’an dernier, nous avons effectué plusieurs développements, notamment concernant la sécurité, qui peuvent se voir appliqués à la nouvelle saison. Nous avons aussi examiné quelques-uns des mélanges de 2004 qui n’avaient pas donné satisfaction à l’époque, mais qui semblent bien fonctionner avec les nouveaux règlements. Nous sommes toujours en train de tout passer en revue, et je suis certain que nous allons encore voir de nombreuses évolutions apparaître.  Nous avons d’abord essayé de trouver nos marques lors des premiers essais de l’intersaison. Aujourd’hui nous avançons logiquement dans notre programme et validons les premières spécifications pour les premiers Grands Prix de la saison.

 

Michelin a totalement dominé la saison 2005. Vous attendez-vous à ce que vos adversaires se montrent plus compétitifs cette saison ?

Michelin a cherché très activement à rééquilibrer le nombre d’écuries par manufacturier pour la saison 2006, et a réussi à atteindre ce but. Répéter les extraordinaires résultats de la saison dernière serait magnifique, mais si l’on veut rester réaliste, on s’attend à ce que nos adversaires les plus redoutables soient plus efficaces cette saison. Nous ne nous attendons pas à ce que ce soit facile, mais nous sommes confiants de pouvoir proposer à nos partenaires des produits performants et de contribuer à leurs futurs succès.

 

Votre méthode de travail avec les écuries a-t-elle changé cette saison ?

Non, nous avons conservé la même méthode de travail. Celle que nous appliquons depuis notre retour en F1 mais aussi dans toutes les autres disciplines dans lesquelles Michelin est engagé. Chacun se voue à son travail de la manière habituelle, toujours aussi professionnelle. L’échange des informations avec nos différents partenaires est très ouvert cette saison. Nous travaillons tous de concert pour accumuler un maximum d’informations aussi vite que possible. Nous avons bénéficié de quelques collaborations très productives, il y a un réel esprit d’équipe.

 

Quand avez-vous commencé à fabriquer des pneus pour la saison 2006 ?

En novembre. Mais il faut se souvenir que la réglementation fixant la réintroduction des changements de pneus en course n’a été confirmée que le 24 octobre.

 

Combien de pneus pensez-vous avoir testé avant que la nouvelle saison ne débute ?

Environ 16000 – soit 2000 pour chacune des huit principales séances d’essais. Pour le moment, nous testons environs cinq ou six mélanges et quatre ou cinq architectures différentes à chaque séance.

 

Avez-vous déjà pris des décisions définitives en ce qui concerne les pneus des premières courses ?

Notre tout premier travail a été de produire des pneus qui permettent des vitesses constantes, de la durabilité et de l’équilibre pour un châssis aux spécifications 2006. Nous commençons à valider certaines spécifications pour des circuits spécifiques. Les températures, dans le sud de l’Espagne, sont quelque peu adoucies et vont nous donner de meilleures bases pour les courses à venir, telles Bahreïn et la Malaisie, quoique notre expérience nous permette d’extrapoler nos informations avec beaucoup de précision, même lorsque nous testons en conditions fraîches.

 

Michelin a annoncé son retrait de la compétition à la fin de la saison 2006. Quel impact cette décision aura-t-elle sur le programme de développement ?

Aucun. Chacun reste aussi concentré que jamais sur son travail – et notre équipe de recherche avancée pourra ainsi se concentrer totalement sur cette saison, plutôt que de diviser ses efforts entre le présent et les développements pour le long terme.

 

Comment la décision d’arrêter la F1 est-elle ressentie au sein du département compétition de Michelin ?

La Formule Un est largement considérée comme le pinacle du sport automobile, et Michelin y a fourni un excellent travail depuis son retour en 2001. Ce fut tout particulièrement le cas la saison dernière. Il est dommage de ne pas continuer, mais tout le monde, au sein de notre équipe, comprend les raisons qui ont présidé à cette décision. L’année prochaine, tous ceux qui travaillent en F1 seront mutés dans d’autres rôles tout aussi passionnants au sein de Michelin. En attendant, notre équipe est plus motivée que jamais.

 

Source: Michelin Sport

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