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Certes Takuma Sato a bénéficié de la conjonction des ennuis divers et variés de ses adversaires (abandon de Räikkönen, Heidfeld, Trulli qui étaient situés devant lui sur la grille de départ, problème de ravitailleur pour les deux Renault) pour propulser sa SA07 dans les points et Super Aguri dans les tablettes de l’histoire de la Formule 1.
Voir l’arrivée d’un Grand-Prix est le premier pré-requis pour bien y figurer, et c’est la préoccupation principale des 11 écuries du plateau à une époque où la régularité et la fiabilité jouent un rôle prépondérant dans le résultat final d’un championnat. Le mérite de Super Aguri est d’avoir optimisé un package Honda datant de l’année dernière – au point de rendre ridicule la RA107 qui semble à des années-lumière de pouvoir marquer des points. Celui de Sato fut d’exécuter une course irréprochable, d’avoir su forcer l’allure au bon moment (afin de conserver quelques longueurs d’avance sur Fisichella lors de sa dernière sortie des stands en fin de course) sans commettre la moindre faute.
« C’était un week-end fabuleux » résume l’heureux héros de Super Aguri, « Nous avons évalué beaucoup de définitions aéro lors des essais privés, tout spécialement pour Barcelone. J’étais heureux et surpris à la fois de constater combien nous étions compétitifs » rappelle Sato malgré un week-end qui ne fut pas exempt de toute frustration. « Je voulais tout donner dans mon dernier run des Q2 mais j’ai malheureusement eu un problème d’alimentation d’essence et je me suis donc qualifié 13è. J’avais deux dixièmes de seconde sous la pédale et ça aurait été serré mais nous aurions pu être des prétendants aux Q3. »
13è mais 12è avant même l’extinction des feux grâce aux problèmes de pompe à essence de Trulli. Et puis bientôt 13è à nouveau, la SA07 ne prenant pas un bon envol. Le premier tour fut à couteaux tirés avec les grandes sœurs de Brackley et la Renault de Fisichella, qui a viré large dans la courbe 9, « Il avait des pneus sales et dans l’épingle il voulait tout faire pour repasser devant. Nous étions côte à côte. Puis j’ai dû m’installer dans la course derrière les deux Honda et Giancarlo » explique Takuma. « Pour être tout à fait honnête j’avais du mal avec mes pneus lors des deux premiers relais car la pression n’était pas adaptée à la situation et l’équilibre de la voiture en souffrait. J’avais du survirage en début de course et perdait beaucoup de temps. »
« Nous avons apporté un ajustement lors de mon premier pit stop mais il n’a pas apporté l’effet escompté et l’équilibre de l’auto a changé du tout au tout : j’avais du sous-virage ! C’était meilleur pour la stabilité et les longs runs que le survirage, mais mes temps au tour n’étaient pas excellents. J’ai pu rattraper Barrichello et Fisichella, mais je me maintenais simplement avec eux. Puis Rubens a ravitaillé et j’ai attaqué. J’étais devant lui en sortant des stands à mon tour et c’était vraiment une bonne sensation. La voiture était mieux équilibrée avec l’option ‘prime’ des pneus et j’ai pu attaquer encore plus. Chaque tour était crucial. »
D’autant plus crucial que les Renault avaient un déficit de carburant à la suite d’un problème avec le coupleur du ravitailleur. Un 3è pit stop s’imposait pour les monoplaces frappées du losange. Sato sentait l’odeur des points, qui se refusaient à lui depuis le Grand-Prix de Hongrie 2005. « Mon ingénieur de course, Richard, m’a dit de continuer à attaquer, que nous nous battions avec les Renault. Je ne savais pas où était Giancarlo !! Chaque seconde comptait. Puis lorsque Giancarlo est entré dans les stands on m’a prévenu par radio, j’étais dans le virage 12. J’ai passé les stands, toujours pas de Giancarlo, où était-il ? Il était là où l’allée des stands prend fin, et nous étions côte à côte, mais j’avais de toute évidence de l’élan et je me suis retrouvé devant en une fraction de seconde. »
« Cet instant était fantastique, très excitant ! Mes chances de rester devant étaient minimes mais c’était de la course à l’état pur. Il m’est rapidement revenu dessus dans son tour de sortie des stands. J’ai fait ce que j’ai pu pour rester devant. Mais après deux ou trois tours je pouvais le tenir en respect et c’était jouissif ! » |