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Kamui Kobayashi serait-il en train de pousser lentement mais sûrement Pedro De La Rosa vers la sortie de la Formule Un ? Le Japonais est le seul des deux pilotes Sauber à s’être qualifié dans le top 10 (par trois fois) et il est le premier à ouvrir son score grâce à sa 10e place du Grand-Prix de Turquie. Pourtant, Kamui n’a pas vraiment réalisé d’exploit en Turquie mais son délice est authentique : 1 point !
10e au départ, 10e à l’arrivée malgré l’abandon de Vettel et l’obligation de Petrov de passer par les stands en fin de course, Kobayashi s’est fait déborder par Alonso et Sutil et il a coupé la ligne d’arrivée 2 dixièmes de seconde avant De La Rosa. Peu importe, l’histoire retiendra qu’il a marqué le 1er de Sauber en 2010, au nez et à la barbe de son équipier. Kobayashi fut le 1er à effectuer son pit stop, dicté par des pneus particulièrement usés, ceux qu’il avait utilisés en Q3 et qui n’en étaient déjà pas à leur premier run en qualifications. Mais le pit stop du Nippon fut loin d’être idéal et une perte de 3 secondes lui a coûté une place.
Pedro De La Rosa a démontré les bienfaits de l’expérience et de la maturité en laissant son équipier profiter du point de la 10e place plutôt que de risquer de précipiter la perte de son écurie. Une leçon qui aurait été profitable à Red Bull Racing. Les deux situations sont comparables car le premier point de Sauber (qui n’avait jusque là vu l’arrivée que 2 fois en 12 départs) équivaut à une victoire pour RBR. Ce point peut aussi valoir très cher : l’équivalent d’une place au championnat Constructeurs où les écuries perçoivent de la FOM les dividendes des recettes commerciales plus ou moins au pro rata de leur classement.
Kamui Kobayashi (10e à 65,6 secondes) :
Je suis très content que les deux voitures aient terminé la course et que j’aie obtenu notre premier point. J’ai pris un bon départ malgré le côté sale de la piste et le rythme de l’auto était bon au début. Notre stratégie n’était pas facile. L’auto était plus rapide avec les pneus durs et nous avons fait un premier relais très court. Je suis passé par les stands après 10 tours et j’ai fait le reste de la course avec le même train. A la fin, je pouvais voir la corde des pneus depuis le cockpit. J’ai donc commencé à être prudent, surtout dans le 8e virage, et c’est la raison pour laquelle je n’ai pas défendu trop durement ma place contre Sutil.
Pedro De La Rosa (11e à 65,9 secondes) :
Avec beaucoup d’essence, j’avais énormément de sous-virage et j’ai donc attendu que ma chance arrive, plus tard dans la course. Une fois plus légère, l’auto était mieux équilibrée. Le train avant est revenu et je n’avais aucun problème avec les pneus. Bien sûr, je me serais battu sur la fin s’il n’avait s’agi de mon équipier. Notre écurie avait désespérément besoin de marquer ce point et de ramener les deux voitures à l’arrivée. Il faut prendre garde quand vous prenez des risques et ce n’était pas le moment d’attaquer et de risquer de tout perdre. Il est préférable que ce point reste avec nous plutôt qu’il rejoigne une autre écurie ! |