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Une carrière professionnelle se construit autour de choix personnels et d’orientation qui, mis au service d’une compétence, vont former l’ossature d’un parcours. Cette dernière est menacée de scoliose lorsque l’empilement de choix est bancal. Un sportif de haut niveau n’échappe pas à la règle. Dans le cas d’un pilote automobile, les choix, parfois Cornéliens et périlleux, sont conditionnés par l’obligation de prendre des décisions dans l’urgence, de se laisser guider par son instinct et non par une réflexion. C’est à l’aune de cette analyse, à tête reposée et en ne se laissant pas submerger par ses émotions, que le pilote prend toute la mesure de ses actes effectués dans l’urgence, qu’ils aient été ou non en adéquation avec les conclusions de sa réflexion.
Parfois, l’introspection est douloureuse, comme dans le cas de ce Grand-Prix d’Europe 1997 disputé à Jerez de la Frontera où Michael Schumacher avait délibérément braqué en direction de Jacques Villeneuve dans l’espoir fou d’empêcher le Canadien de lui voler la victoire, la vedette et le titre mondial. L’Allemand – qui était alors double champion du monde et qui n’avait pas encore redonné ses lettres de noblesse à la Scuderia Ferrari – avait été symboliquement exclu du championnat, qu’il a officiellement bouclé sans aucun point en poche. Plus de 10 ans après l’incident qui fit scandale à l’époque, Schumacher reconnaît sa part de responsabilité dans l’accrochage et dans sa gestion. Pour le septuple champion du monde de Formule 1, Jerez 1997 fut le Dimanche noir de sa carrière. « Ce que je changerais dans ma carrière ? Oui, il y a quelques épisodes que je ferais différemment si je devais les vivre à nouveau » avoue Schumacher lors d’une opération de relation publique organisée par Shell, « Probablement Jerez 1997. J’avais eu quelques opportunités d’éviter tout ça et de gagner le championnat et de quand même remporter le championnat ; mais il faut tirer des leçons de ce que vous faites et apprendre. » |