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Le 4è tour du Grand-Prix de Malaisie 2008 avait des petits airs de Spa 2000, à 4 tours du but et non de la libération de la grille de départ. En Belgique au début du millénaire, Mika Häkkinen avait été l’auteur de l’un de ces dépassements qui passent à la postérité et dont la mémoire collective entretient le mythe.
Grand-Prix de Belgique, 27 Août 2000. 27 tours après avoir compromis son brillant début de course sur une Spa-Francorchamps alternativement humide et sec – la McLaren Mercedes du champion du monde en titre était partie en toupie dans Stavelot, moins d’un tour après avoir troqué ses pneus à sculptures contre des slicks – Mika Häkkinen tentait de reprendre son bien dans la ligne droite de Kemmel. Schumacher se déportait sur la droite en arrivant aux Combes, Häkkinen mettait une roue dans l’herbe et en était quitte pour une frayeur.
Un tour plus tard, le Finlandais châtiait le pilote Ferrari de la plus belle manière qui soit. Alors que les deux hommes faisaient la jonction avec un retardataire (Ricardo Zonta) en abordant cette même ligne droite de Kemmel, Schumacher choisissait de déborder le Brésilien par la gauche, Häkkinen par la droite. Le grand blond remportait son duel au freinage et s’envolait vers sa dernière victoire de la saison, l’antépénultième de sa carrière, avant une série de 4 triomphes de l’Allemand propulser Schumacher au panthéon des pilotes Ferrari. Zonta se souvient encore du frisson qui lui a parcouru l’échine.
« Il est assez inhabituel de dépasser un concurrent dans une ligne droite alors que l’on est séparés par un retardataire. Je savais qu’il ne servait à rien de suivre Michael et d’essayer de le dépasser au bout de la ligne droite car de toute évidence il ne m’aurait pas laissé la place. Est-ce correct Michael ? » avait expliqué Häkkinen en conférence de presse, le regard espiègle, « J’ai donc opté pour le plan B et au tour suivant je suis allé complètement à l’intérieur. J’ai dépassé le retardataire en même temps que je dépassais Michael. C’était une superbe manœuvre, je l’ai adorée ! Je ne suis pas sûr que Michael l’ait aimée… »
Grand-Prix de Malaisie, 24 Mars 2008. 4 tours après avoir perdu 5 places dans l’enchaînement des virages 1 et 2, Nick Heidfeld se faisait pressant derrière la paire constituée par le seul double champion du monde en activité (Alonso) et le sujet de sa Gracieuse Majesté qui totalise le plus de points en championnat du monde de Formule 1 (Coulthard). Soucieux de se défaire du duo d’expérience afin de se donner une chance de briguer le podium, le pilote BMW Sauber a plongé sur la gauche de la Red Bull Racing en débouchant sur la longue ligne droite de retour parallèle à celle des stands. Alonso choisissait le côté droit.
Heidfeld est parvenu à rejouer le rôle d’Häkkinen 8 ans plus tôt en mystifiant ses deux proies (situé à l’extérieur de l’épingle faisant la jonction entre les deux lignes droite, Alonso n’a pas réussi à corriger Coulthard), pour ce qui fut le plus beau dépassement du Grand-Prix de Malaisie, l’un des plus télégéniques de ces dernières années. « Dépasser Coulthard et Alonso en même temps, dans les premiers instants de la course, était vraiment très fun » exulte Heidfeld, « Pour moi, cette manœuvre était cruciale pour obtenir le meilleur résultat possible après avoir perdu autant de places au départ à cause d’un contact avec Trulli. » |