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23 Mars - 10:31
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Sepang – Course : Räikkönen en démonstration
Un pilote Ferrari est sorti du cauchemar Australien, le second l’a prolongé en Malaisie. En remportant la 16è victoire de sa carrière, Kimi Räikkönen a véritablement débuté sa campagne 2008. Le champion du monde en titre revient à 3 points d’Hamilton, dont c’était le tour d’essuyer un série noire, en qualifications puis en course avec un écrou récalcitrant. Kovalainen a repris le flambeau du Britannique et s’offre son 2è podium, tout comme Kubica qui confirme les progrès de BMW Sauber. Le compteur de Felipe Massa reste bloqué sur 0, comme sa Ferrari est restée bloquée dans les graviers dans lesquels il l’a précipitée en tentant de suivre le rythme de Räikkönen.

La pluie était la seule véritable menace pour la Scuderia Ferrari en Malaisie. La pluie et ses propres erreurs, commises en rafale en Australie aussi bien par ses pilotes que par ses techniciens. Mais Kuala Lumpur (littéralement le confluent vaseux en Malais) portait mal son nom aujourd’hui. Les menaces d’averse ont été le fil rouge du week-end, mais ont toujours épargné les créneaux horaires réservés aux Formule 1. Avec 30°C dans l’air et 42°C au sol, les conditions étaient idéales pour la F2008 : ses pneus n’ont jamais eu de mal à monter en température. Dominatrice en qualifications, la Rossa savait l’être en configuration course – les essais libres avaient été éloquents sur le sujet. La mécanique a tourné comme une horloge Suisse, mais le danger venait de l’intérieur, de la rivalité entre les deux sociétaires de la Rossa. L’un est champion du monde en titre, le second rêve de le détrôner…

En pole position, Felipe Massa a promptement réagi à l’extinction des feux, et a rapidement bifurqué vers Kimi Räikkönen pour lui intimer l’ordre de se contenter de sa 2è place dans le 1er virage. Iceman est resté de glace face à l’intimidation légitime de son équipier, et a sagement replacé sa monoplace dans le sillage de sa consœur. « J’ai pensé que je pouvais le dépasser mais je savais que je resterai un tour de plus en piste avant le 1er pit stop et il aurait été stupide de prendre tous les risques dans le 1er virage. J’ai décidé de patienter et d’attendre mon heure » explique Räikkönen. La sérénité était dans le camp du Finlandais. Et pour cause, le scénario avait des airs de déjà vu. Kimi a plusieurs fois délogé Massa de la 1ère place l’année dernière, à la faveur des ravitaillements (à Magny-Cours par exemple, où Massa avait eu du mal à faire le deuil d’une victoire qu’il pensait sienne).

   

Räikkönen a mis sa fusée sur orbite en deux temps : en restant le satellite de Massa dans les premiers instants de course, puis en forçant l’allure pendant que le Brésilien ravitaillait. En sortant des stands devant Massa, au 18è des 56 tours de course, Kimi avait virtuellement remporté son 16è Grand-Prix. « On avait des performances assez proches avec Felipe, mais j’étais plus rapide quand il est rentré aux stands car ma voiture n’était plus dans ses turbulences. Après le pit stop, la voie était libre devant moi et j’ai pu prendre le large en forçant l’allure dans un air propre. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mais à partir de là je contrôlais la course » relate le vainqueur du jour. Les rôles étaient inversés : dans les turbulences de son équipier, et d’autant plus sensible aux rafales de vent, Massa a tenté de faire comme Räikkönen dans le premier relais, à savoir rester au contact malgré des conditions défavorables. Au 31è passage, l’enchaînement des virages 7 & 8, un droite où l’absence d’anti-patinage se fait cruellement sentir, a été fatal à Felipe. La F2008 frappée du numéro 2 est partie en toupie à l’accélération et est venue plantée son train arrière dans les graviers.

Derrière Räikkönen qui n’avait plus qu’à se laisser glisser jusqu’à l’arrivée – en prenant soin de ne pas friser la somnolence, danger d’une baisse de rythme subite – Robert Kubica se voyait promu dauphin du champion du monde en titre. Malchanceux en Australie – et particulièrement courroucé après le changement de stratégie hasardeux de son écurie – le Polonais a parfaitement géré les évènements de course, hormis un envol hésitant. « Je n’ai pas pris un bon départ, j’étais du mauvais côté de la piste, ça a compromis l’accélération et l’adhérence et pour couronner le tout je me suis loupé au freinage » reconnaît le pilote de Cracovie. Une fois installé au 3è rang derrière les Ferrari, Robert a trouvé sa vitesse de croisière et a capitalisé sur le retard que prenaient les McLaren Mercedes – auteur d’un départ fulgurant, Hamilton (5è) était retenu par Webber pendant que Kovalainen (7è) butait sur Trulli. « J’ai essayé d’entrer dans mon propre rythme et d’être constant. Je pensais que les McLaren seraient plus performantes dans le 2è relais. Mais j’avais une avance de 10 secondes et tout s’est bien passé. Sur la fin, on a baissé la performance du moteur pour le préserver pour la prochaine course. »

Une fois débarrassé de Webber – qui ouvrait la salve des premiers ravitaillements – Lewis Hamilton pensait avoir fait le plus dur. Mais l’écrou de sa roue avant droite en décidait autrement au ravitaillement (19è tour) et le leader du championnat voyait s’envoler une dizaine de secondes ainsi qu’une place sur le podium. Heikki Kovalainen reprenait le flambeau pour les flèches d’argent, sans pouvoir revenir sur un Kubica mal en point mais en reprenant le large par rapport à un Trulli formidablement entreprenant jusqu’à ce qu’il chausse des pneus tendres. « Les dix derniers tours étaient très difficiles » révèle Kubica, « J’ai été malade ce week-end, il faisait très chaud aujourd’hui et je n’ai pas beaucoup bu car ma boisson était brûlante et ce n’était pas agréable. J’étais vidé sur la fin, je me suis laissé glisser jusqu’à l’arrivée. »

   

« Nous devons être contents de ce résultat après les évènements d’hier » explique Heikki qui, ignorant les tourments de Kubica, et accusant plus de quinze secondes de retard sur lui, n’a pas cherché à prendre tous les risques pour le déstabiliser. « J’ai pris un bon départ, j’ai pu être dans un air propre quasiment tout le temps. On a dégonflé le moteur pour assurer sa fiabilité sur la fin de course. Il fallait trouver le bon rythme et être constant pour ménager les pneus jusqu’à la fin de chaque relais. »

Au championnat du monde – « Notre championnat commence aujourd’hui ! » a prévenu Räikkönen – Hamilton conserve une marge de 3 points sur le champion du monde en titre ainsi que sur Nick Heidfeld, auteur d’une course solide dans le sillage d’Hamilton. Kovalainen pointe au 4è rang avec 10 unités au compteur. Celui de Massa s’est noyé dans le confluent vaseux…

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