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La quinzième Pole Position de Fernando Alonso ne pouvait mieux tomber pour l’Espagnol. Elle fut à la fois la plus facile et la plus difficile à conquérir. Ardue car après la FIA lors des épreuves précédentes, c’était aujourd’hui au tour de la météo de venir mettre son grain de sel, ou ses gouttes de pluie, dans la course au titre mondial. Aisée car l’avantage de la R26 dans ces conditions permet à ses pilotes de creuser un gouffre sur leurs adversaires, à commencer par Schumacher, dont les Bridgestone subissent une nouvelle fois la loi des Michelin sur une piste détrempée. La suprématie de Renault est telle qu'elle permet à Fisichella de ne pas paraître ridicule sur la grille de départ (2è) malgré la leçon de conduite que lui donne son équipier.
Comme souvent lorsque les éléments se déchaînent, les pilotes vont par paires, celles correspondant aux line-up des écuries. Derrière les deux Renault, Honda confirme son redressement avec les 3è et 4è place de Barrichello et Button, qui signent le même temps au millième près.
Schumacher a dû faire appel à des trésors d’adresse pour scinder la paire McLaren (Räikkönen 5è, De La Rosa 7è) et limiter les dégâts, qui ne feront que s’aggraver en course si la pluie s’invite dans la 16è manche du championnat.
Alors que Heidfeld donne une leçon de pilotage à son jeune équipier qu’il domine de 0.6 seconde sous la pluie. Doornbos est l’invité surprise du top 10. Une performance de choix qui ne manquera pas de faire grimper la cote du Néerlandais en flèche.
Q1 :
La pluie vient de s’inviter sur le circuit de Shanghai lorsque les feux passent au vert au bout de l’allée des stands. La majorité des pilotes se ruent à l’assaut du chronomètre, Räikkönen en tête, lui qui s’est fait piégé à deux reprises dans la matinée.
Les deux Ferrari ne quittent leur box qu’à 9 (Schumacher) et 8 (Massa) minutes de la fin. La trajectoire est alors détrempée et les deux chevaux cabrés ne sont pas en mesure de rivaliser avec les meilleurs du moment : les deux Renault - très efficaces sous la pluie - suivies des deux McLaren. Massa et Schumacher frisent même la correction en ne se qualifiant qu’aux 13è et 14è places.
La punition s’abat en revanche sur les deux sociétaires de l’écurie Toyota. Les tentatives de la dernière chance de Ralf et Jarno sont vouées à l’échec après la neutralisation de la session, consécutive au pépin mécanique qui a contraint Monteiro (Spyker MF1) à arrêter sa monoplace dans le premier secteur, dans une portion délicate du circuit.
Q2 :
La pluie s’intensifie et incite la plupart des pilotes à ne pas tarder à enregistrer un tour rapide. Echaudés par leur chaleur des Q1, Massa et Schumacher sont parmi les premiers à s’élancer. Leurs temps sont médiocres (1:46.999 pour l’Allemand, 1:46.882 à l’actif du Brésilien) et confirme la tendance : Michelin possède un sérieux avantage sur Bridgestone sur sol détrempé.
Sûrs d’eux et de leur matériel, Alonso et Fisichella attendent que la première salve soit tirée par leurs adversaires avant de prendre la piste. Leur première tentative tombe à l’eau dans le premier virage ou l’Espagnol comme l’Italien sont à deux doigts de tout perdre. Les suivantes donnent le ton : la R26 n’a pas de rivale dans ces conditions météorologiques. Leurs adversaires leur rendent de 0.7 à 3 secondes…
Les 248 F1 sont en revanche sur le fil du rasoir. A 1 minute du terme de la séance, Massa et Schumacher sont exclus du top 10 qui participera à la Super Pole. La dernière chevauchée du septuple champion du monde lui permet d’éviter le couperet, mais les espoirs de Massa de bien figurer à Shanghai se noient un peu plus après sa casse moteur de la veille : P13, soit en dernière ligne sur la grille demain.
Kubica se qualifie in extremis en privant Scott Speed du plaisir de participer à la Super Pole. Brillant sous la pluie comme toujours lorsque les paramètres physiques partent à vau-l’eau, l’Américain n’est pas récompensé de ses efforts et doit faire le deuil de la dernière séance, pour moins de 3 dixièmes de seconde.
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