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Champion des Atlantic Series (le tremplin pour le Champ Car) en 2006, Simon Pagenaud a connu un début de saison tout aussi prometteur que difficile dans la catégorie reine des championnats monoplaces aux USA. Le Français du Team Australia dresse le bilan de son début de saison.
Quel bilan tirez-vous de ce début de saison particulièrement dense avec trois courses en autant de week-ends ?
C’était un véritable marathon de trois semaines ! Il faut être très disponible pour la presse et les fans tout en se concentrant sur son travail, être attentif en piste pour ne pas faire de faute, immédiatement sanctionnée sur un circuit urbain. C’est fatiguant, c’est dur psychologiquement, mais c’est le métier. J’ai eu du mal à me concentrer à Las Vegas, mais j’ai rapidement trouvé mes marques en Champ Car. J’étais P5 en qualifications, P2 en course jusqu’à ce que le moteur casse. A Long Beach j’étais P3 en qualifications, mais la boîte de vitesses s’est subitement mise au point mort en course, et j’ai heurté les pneus. J’ai pu repartir et signer le meilleur tour en course, ce qui était donc satisfaisant, surtout que Seb Bourdais était en course et n’amusait pas la galerie ! Dernière étape : Houston. Un circuit éprouvant car bosselé et demandant beaucoup d’énergie. On avait la voiture pour faire la pole, mais un capteur de la boîte de vitesses a cassé. Puis le radiateur a cassé au warm up. En course, Will Power prend un mauvais départ et tous les pilotes situés derrière lui sont ralentis. A la chicane, quelqu’un me tape à l’arrière ce qui crève un de mes pneus. Le bilan est donc que je n’ai pas eu de chance à chacun des week-ends de course, mais globalement tout se passe très bien. Je travaille bien avec mon ingénieur, j’ai prouvé que je pouvais être aux avant-postes et l’équipe me fait donc confiance. Je m’épanouis dans cette équipe et il faut juste que la roue tourne !
Réussir aux USA après une année difficile en Europe, est-ce une revanche sur le destin ?
Non, ce n’est pas une revanche. Je me suis bien préparé et j’ai eu la chance d’être bien formé chez ASM puis au Graff Racing et chez Saulnier Racing. Jean-Philippe Grand est très professionnel, il m’a appris à me concentrer sur la course. En World Series by Renault, nous n’avions pas la voiture pour nous battre avec les meilleurs mais c’était une bonne expérience. Je me suis bien construit en Europe, et j’en récolte les fruits maintenant aux USA.
La monoplace du Champ Car a la réputation d’être un monstre de puissance difficile à maîtriser. Quel est votre sentiment sur la Panoz DP01 ?
C’est effectivement très physique. Boucler 93 tours à Houston est exténuant. J’ouvrais la visière au maximum pour avoir un peu d’air frais. La voiture est très brutale, avec un turbo très vif, pas de direction assistée ni d’anti-patinage. Il faut être dans une forme physique parfaite et je suis content de ma préparation hivernale. Je ne me sens pas dépassé par l’auto et je sens que je peux progresser jusqu’à ne plus souffrir du tout. Je redoutais Houston, mais tout s’est bien passé et j’ai pu attaquer au maximum pendant 35 tours.
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