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S’il est coutume de dire que Monaco est le joyau de la couronne, Adrian Sutil aurait certainement mérité de la ceindre le week-end dernier. Etincelant dans les rues Monégasques qui deviennent son circuit de prédilection, l’Allemand et sa modeste Force India ont renversé certains pouvoirs en place.
Adrian Sutil n’en est pas à son coup d’essai. Lorsqu’elle était encore SpykerF1, l’écurie de Silverstone avait déjà été bluffée par l’habileté de son rejeton au pied du Casino de Monaco – meilleur temps de l’ultime séance d’essais libres en 2007 alors que la piste était humide. Désormais Force India, elle devait se laisser convaincre que le natif de Starnberg méritait d’user ses fonds de combinaison dans l’une des monoplaces du 1er projet Indien d’écurie de Formule 1 de l’Histoire. Il faut dire que si Adrian avait rapidement poussé Albers vers la sortie il y a 12 mois, il était dominé par Fisichella depuis l’ouverture de la saison à Melbourne.
Adrian ne souffrait pas vraiment de la comparaison avec son aîné Italien car la différence en faveur du Romain était trop grande pour être honnête et chacun savait que Sutil ne pilotait pas sur sa valeur réelle : l’exploitation des pneus est le fléau des pilotes depuis deux ans. Räikkönen, Alonso et Kubica en ont souffert en 2007, Heidfeld et Sutil cette année. Question de style.
Monaco sous la pluie ? C’était le cauchemar des uns – courir sans aide au pilotage sur le serpentin Monégasque où le moindre écart est sévèrement châtié et d’autant plus douloureux qu’il est dramatiquement télégénique pour la victime était redouté par la plupart. C’était le fantasme d’une poignée : Vettel et Sutil, qui savaient que leur virtuosité au volant de leur modeste monoplace serait amplifiée par l’exercice de funambulisme qu’impose la pluie. De monoplace la plus rétive, aux mains de Sutil sur les rues détrempées de Monaco la VJM01 devient diaboliquement efficace et docile. De petit Poucet, Force India passait à prétendant au podium, devant sa Majesté Kimi Räikkönen.
Vijay Mallya ne pouvait être insensible au pilote qui donne ses premières lettres de noblesse à son ambitieux projet de Formule 1, qui plus est sur la plaque tournante du commerce et du marketing. « Adrian a énormément de talent et nous sommes fiers et heureux qu’il fasse partie de notre écurie » affirme Mallya en préambule comme en conclusion sans pour autant cacher la vérité des discussions de couloir, « Certaines personnes se posaient des questions sur ma décision de le garder car il n’avait pas fini quelques courses en début d’année, mais je pense qu’il a fait mieux que se rattrapé ! »
« Nous étions à 7 minutes du bonheur, c’est malheureux mais j’imagine que c’est ça la course automobile. Je ne peux pas dire que je ne suis pas triste, car je le suis, mais nous surmonterons cette étape et nous en tirerons énormément de points positifs. Nous avions adopté une stratégie à un seul arrêt et j’ai dit à mes pilotes de rester loin des mauvais coups dans le premier tour, de prendre leur temps et de ramener la voiture à bon port. Nous savions que nous étions forts sous la pluie et Adrian l’avait démontré auparavant. Tout a marché à la perfection jusqu’à ce cruel coup du sort. J’en ai quasiment pleuré, beaucoup en était là en fait… » |