|
Son succès retentissant de l’année 2008 n’aura été qu’un feu de paille. La Scuderia Toro Rosso a retrouvé son rang en 2009, dans le wagon de queue des grilles de départ des Grand-Prix et lanterne rouge du classement Constructeurs. En 12 mois, elle a divisé son capital points par 4 (9 contre 39) et devra relever deux défis majeurs en 2010 : 1) Préférer un line-up de pilotes de qualité à une promotion pro Red Bull, 2) Concevoir et assembler sa monoplace sans compter directement et essentiellement sur l’expertise du Red Bull Technology dirigé par Adrian Newey.
Ancien président de Toro Rosso – dont il a revendu ses parts à Red Bull l’année dernière – Gerhard Berger connaît bien la structure de l’écurie Transalpine et est à-même de jauger ses capacités. Pour l’Autrichien, Toro Rosso doit privilégier la qualité de son tandem de pilotes. Comme Vettel l’a prouvé en 2008, le talent intrinsèque d’un pur-sang peut compenser bien des lacunes de sa monoplace en Formule Un moderne. « Les possibilités de faire de cette écurie une grande équipe sont fortes. Nous l’avons d’ailleurs démontré en 2008 avec Vettel » assure Gerhard Berger à Auto Motor Und Sport en faisant référence à la 1ère victoire en Grand-Prix de l’écurie de Faenza (Monza) ainsi qu’à son classement général final (6è devant Red Bull Racing, Williams, Honda). « Mais tout dépend des pilotes » prévient l’Autrichien, vainqueur de 10 Grand-Prix entre 1986 et 1997, en laissant entendre à mots couverts que Jaime Alguersuari n’est pas l’homme providentiel pour Toro Rosso, « Buemi a du talent mais Toro Rosso a encore besoin d’un bon 2è pilote sans quoi ils dégringoleront. »
Côté créativité du département châssis, Berger estime que malgré la nouvelle donne technique – l’interdiction de ravitailler force les ingénieurs à intégrer un réservoir d’essence notablement plus volumineux qui modifiera la répartition des masses et le centre de gravité des F1 – Toro Rosso a les outils pour faire mieux que de la figuration. « Je crois que le directeur technique, Giorgio Ascanelli, est très capable. Il connaît son affaire. La Red Bull était la meilleure voiture du plateau en 2009. Toro Rosso sait tout de cette voiture car elle en a toutes les données. C’est déjà une bonne base pour construire une voiture qui doit être bonne dès le début. » |