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A son corps défendant, Toro Rosso cautionne les propos de ses deux pilotes, Scott Speed et Tonio Liuzzi. Jusqu’à l’agression dont il fut victime Dimanche dernier au Nürburgring, Speed pestait uniquement contre sa monture, son manque de développement et de fiabilité, mais jamais sur ses collaborateurs chez Toro Rosso. Le discours de Liuzzi n’était pas différent. Fiabilité et développement sont le fil rouge des prises de position des deux pilotes de l’écurie de Faenza depuis le début de la saison.
L’Américain et l’Italien ont essuyé 8 casses mécaniques en course depuis Melbourne et le développement de la STR2 se fait au compte goutte, Toro Rosso étant la dernière roue du carrosse Red Bull Technology.
Côté fiabilité et développement, Franz Tost et Gerhard Berger auront du mal à nier les faits et à accabler leurs pilotes. La STR2 a vu le jour dans l’urgence et au dernier moment. Un bref shake down à Barcelone et direction Bahreïn, loin des bases de l’écurie. Le projet était optimiste, mais pas infaisable. Super Aguri en a apporté la preuve avec un formidable début d’année malgré le retard de livraison de son package – une mouture édulcorée de la Honda RA107, tout comme la STR2 est issue de la RB3. A ceci près que les monoplaces des deux écuries Honda sont propulsées par le même bloc alors que Toro Rosso fait appel à un V8 Ferrari.
Aux casses mécaniques en course s’ajoutent celles des essais privés, qui interdisent de facto le développement et le travail dans la continuité. D’autres en ont souffert cette année, tel que Jarno Trulli. Le principal grief que l’Italien faisait à sa monoplace en début d’année était de lui interdire d’enchaîner les tours sans problème mécanique afin de boucler une séance de travail dans les mêmes conditions de piste, sur un programme donné et sans qu’aucun paramètre externe ne change. Toro Rosso n’a pas corrigé le défaut dont a souffert la TF107.
Liuzzi avait été retardé dans sa progression Mardi au Mugello, hier la STR2 a été frappée d’un problème électronique dans la matinée (elle n’a pas roulé entre 11h et 15h), d’un mal plus profond dans l’environnement du système de refroidissement dans l’après-midi. Speed a dû mettre pied à terre 2 heures avant Badoer. Toro Rosso a avalé 220km le Mercredi, contre le double pour la plupart des écuries, qu’elles tournent au Mugello ou à Jerez de la Frontera.
Une statistique est révélatrice du mal qui ronge la Scuderia Toro Rosso : elle a accumulé 8.900km en essais privés depuis le début de l’année 2007. Super Aguri en compte 15.068, et la lanterne rouge, SpykerF1, 11.003 ! Les performances de Speed et Liuzzi sont vertement critiquées à Franz Tost et Gerhard Berger. En se basant sur une analyse impartiale ? |