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Depuis la création du championnat du monde de Formule 1, en 1950, jamais la discipline n’avait connu une mutation aussi profonde de sa réglementation technique que cette saison. L’interdiction des jupes coulissantes ou encore les multiples motorisations passées en revue (avec ou sans turbo, l’imposition du V10 atmosphérique) ne concernaient qu’un poste. En 2009, les trois centres névralgiques d’une monoplace de Formule 1 sont touchés : 1) L’aérodynamique (originellement, la FIA souhaitait atteindre une réduction des appuis de 50%), 2) Les pneumatiques, avec un retour très attendu aux pneus slicks, 3) Le moteur par le biais du KERS, dont l’arrivée a des prolongements jusque dans l’équilibre d’une F1 (du fait de la surcharge pondérale de 5 à 8kg).
Les écuries ne savaient plus où donner de la tête au moment de concevoir leurs packages 2009, dès la fin de l’été dernier. A plus forte raison que la réglementation technique a été entérinée tardivement. A qui donner la priorité en sachant qu’il faut prendre en compte son influence (avérée ou potentielle) sur d’autres domaines, ainsi que la nécessité de prendre le temps d’analyser le règlement pour s’approcher au maximum de ses limites sans les dépasser ? C’est justement de ce dernier point que le danger pourrait venir, estime le président de Toyota Motorsport, qui craint de voir apparaître un lapin du chapeau d’un ingénieur astucieux. « Avec ces changements massifs, de grands risques et de grandes opportunités se font jour. L’aspect encourageant de la saison dernière était que nous avions modifié l’auto et que ça avait porté ses fruits. Les paramètres fondamentaux sont donc très solides et il n’y a aucune raison pour que nous n’ayons pas une bonne voiture cette année. Mais l’inquiétude naît du fait qu’une écurie pourrait avoir interprété le règlement d’une manière spécifique et dont d’autres écuries auraient pu passer à côté » explique John Howett dans les colonnes du site officiel de la Formule 1 tout en se voulant rassurant, « Globalement, notre personnel est fort, nous avons 2 bons pilotes et nous nous attendons donc à connaître une bonne année. »
Quel lapin et de quel chapeau ? Les traits du coupable particulièrement astucieux se dessineront le jour où une comparaison chiffrée pourra être établie, ce que les intempéries qui ont frappé Portimao, théâtre de la 1ère séance d’essais privés de l’année, ont interdit. Aussi et malgré une réglementation technique cadenassant l’inventivité des ingénieurs, les différences entre monoplaces ont-elles été minutieusement examinées par Toyota. « Je pense qu’il y a des grandes différences. Par exemple la hauteur du museau – 2 voitures ont une hauteur similaires et différentes des autres. Ces différences deviendront probablement caduques lors des 4 à 6 prochaines semaines. » |