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Toyota Motorsport est à la croisée des chemins. Arrivée à maturité, elle entamera en 2008 sa 7è saison de Formule 1 et espère qu’elle ne rimera pas avec 7 ans de malheur. Le temps imparti à la nouvelle direction de l’écurie est bien moindre : les hautes sphères situées dans l’archipel Nippon ont fixé à 2 ans le délai nécessaire et suffisant pour que Toyota atteigne ses objectifs. Le premier constructeur mondial n’a pas su tenir le délai de Renault – championne 5 ans après son retour en F1 en tant qu’écurie 100% losange – mais doit désormais faire oublier ses déboires et la réussite fulgurante de BMW pour éviter le déshonneur.
« Le passage de témoin s’est fait en douceur car j’étais un membre du management de l’écurie aux côtés de Monsieur Tomita et nous avions déjà commencé à travailler à la réorganisation majeure dont avait besoin l’écurie » explique Tadashi Yamashina, nouveau directeur de l’écurie de Formule 1 basée à Cologne.
Le style de Yamashina devra s’affirmer dans les prochains mois, et surtout prouver qu’il peut faire aussi bien que les méthodes des formations Européennes où la direction de l’écurie est confiée à un homme fort, entouré de directeurs aux coudées franches dans les divers départements clefs – moteur, châssis, aérodynamique. « Nous avons déjà expérimenté un phénomène similaire dans la production de masse des voitures à Toyota Motor Corporation, où un ingénieur en chef puissant mène la production des voitures de tourisme. Cela étant dit, les voitures devenant de plus en plus sophistiquées au niveau technologique, nous pensons que cette méthode a ses limites. »
De fait, Toyota est la seule écurie du plateau du championnat du monde de Formule 1 à ne pas comporter de directeur technique dans son organigramme. Pascal Vasselon est le responsable châssis, Marmorini est son alter ego côté moteur, mais les deux hommes n’en répondent pas à une plus haute autorité qui chapeaute les deux aspects techniques de la monoplace. « Les gens étaient habitués au système traditionnel en vigueur dans la plupart des écuries. Il a fallu 6 mois pour que la nouvelle manière de faire de Toyota soit acceptée et elle a finalement été mise en place au début de la saison 2007 » poursuit Yamashinan, « Nous avons deux figures centrales pour le développement de la voiture. Pascal Vasselon pour le châssis, Luca Marmorini pour le moteur. Nous utilisons délibérément le terme ‘centrales’ car plutôt que de nous restreindre à l’expertise d’un leader unique nous possédons deux managers qui sont en mesure de mettre en commun le talent de tous les membres de l’entreprise. »
La TF107 a immédiatement prêté le flanc à la critique. Perdue à 2 secondes des meilleures monoplaces lors des essais hivernaux de début d’année, la monoplace de Cologne a gagné une seconde grâce à une évolution de dernière minute, et s’est présentée à Melbourne avec le potentiel pour marquer des points. Le soudain élan s’est cependant brutalement coupé et Toyota a couru après le potentiel de son auto plus qu’après les ténors de la saison écoulée. Le podium semblait souvent à portée de roue de la TF107, mais les impondérables, le talent de Ralf en capilotade et plusieurs problèmes mécaniques ont plombé ses espoirs. « En fait, en nous basant sur les résultats de la soufflerie nous nous attendions à ce que les spécifications spéciales utilisées pour Fuji nous permettent de combler l’écart d’une demi-seconde. Nous étions certainement proches d’une arrivée sur le podium même si sur la fin l’écart s’est de nouveau creusé du fait de divers facteurs – à la fin de la saison nous étions à près d’une seconde des leaders. »
Toyota trouvera-t-elle la seconde manquante cet hiver ? L’obligation de résultat se fait sentir en haut lieu et Yamashina avoue qu’une date butoir a été évoquée… « On m’a donné 2 années de plus. Nous travaillerons et nous battrons pour nous assurer que nous sommes à notre meilleur niveau en 2008. » |