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Jarno Trulli n’a pas décoléré. Le pilote Toyota est arrivé dans le paddock d’Abou Dhabi armé de photos censées démontrer son innocence dans la collision du premier tour du Grand-Prix du Brésil. Trulli était parti en toupie après avoir mis deux roues dans l’herbe pour contourner Sutil dans une manœuvre vouée à l’échec. Après avoir perdu le contrôle de sa monoplace, l’Italien avait perdu celui de ses nerfs en s’en prenant à l’Allemand.
La furie du pilote de Pescara était inhabituelle et sa volonté de remettre l’affaire sur le tapis deux semaines plus tard l’est encore plus. Elle témoigne de la fragilité du pilote qui doit convaincre un employeur potentiel de lui faire confiance en 2010. S’il désire partir en croisade contre les écarts de conduite, Trulli doit avant tout tancer le président du GPDA (Grand Prix Drivers Association), Mark Webber, auteur d’une manœuvre volontaire dangereuse contre Räikkönen qui a déclenché l’accident en chaîne dont Jarno a été victime.
En attendant, Trulli a décidé de remettre le couvert en conférence de presse, aujourd’hui à Abou Dhabi :
Trulli : Je pense que nous allons en discuter demain lors du briefing des pilotes et du briefing du GPDA (Grand Prix Drivers Association, l’association regroupant les pilotes). J’étais très déçu de terminer ma course comme ça, surtout au 1er tour. Je pense que j’avais toutes les raisons d’être furieux. J’ai les preuves qui montrent que j’étais là, à côté de lui, et je pense donc qu’on en parlera demain.
Sutil : Je pense qu’il n’y a rien à discuter. Ce qui s’est passé est évident. C’était décevant pour moi, encore plus à mon avis, car j’étais celui qui ne faisait que piloter et il a perdu le contrôle de sa voiture et il m’a percuté par l’arrière. Le problème ne venait donc pas de moi mais de lui. Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi il nous fait un tel numéro.
Trulli (rires) : Si tu veux je peux te montrer les photos. Je ne sais pas si tu es aveugle mais elles montrent clairement que mon aileron avant était à côté de ton aileron avant, alors…
Sutil : Oui, mais tu essayais de me dépasser à l’extérieur du vibreur. Ce n’était pas un problème…
Trulli : Tu veux dire que tu n’as pas bougé, là…
Sutil : Non, mais tu n’as pas levé le pied. La même chose est arrivé à Barcelone où tu as perdu le contrôle encore une fois et tu as percuté une Force India. Tu devrais simplement parfois t’attendre à toucher les limites de ta voiture. S’il n’y a aucun moyen de passer il faut s’abstenir, ça fait partie de la course et je ne sais pas combien de temps il te faudra pour l’apprendre.
Trulli : A Barcelone je suis parti en tête-à-queue et il m’a heurté car il avait mordu sur un vibreur, il avait complètement court-circuité la piste et il n’avait pas ralenti.
Sutil : Non, non, à Barcelone je ne t’ai pas touché, c’est toi qui me rentre dedans. Je ne sais pas quel est le problème, peut-être tes yeux.
Pour mémoire, voici les propos des deux pilotes après leur accrochage de Barcelone.
Propos de Jarno Trulli au soir du Grand-Prix d’Espagne :
C’est une journée frustrante car j’étais optimiste, notre stratégie était bonne et j’aurais été capable de marquer beaucoup de points. Malheureusement ma course n’a pas duré longtemps. J’ai pris un mauvais départ car le moteur n’a pas vraiment poussé comme il était supposé le faire et j’ai perdu plusieurs places. J’étais derrière Alonso et Rosberg dans le 1er virage. Rosberg est sorti dans le virage suivant et est revenu en piste à côté de moi. Je devais l’éviter, j’ai quitté la piste et j’ai perdu le contrôle de ma voiture en passant sur l’herbe. C’est alors que quelqu’un m’a heurté.
Propos d’Adrian Sutil au soir du Grand-Prix d’Espagne :
J’ai pris un bon départ et en accélérant après le 3è virage j’ai vu une voiture décoller vers moi. Jarno était en travers à l’intérieur du virage et je ne pouvais absolument rien faire. C’est allé tellement vite, ma voiture était endommagée et j’ai dû abandonner immédiatement. C’était un de ces accidents qui peuvent arriver au départ d’une course.
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