|
L’accident de Mark Webber au Grand-Prix d’Europe a permis à la Formule Un d’offrir une formidable démonstration d’efficacité en matière de sécurité. Un véritable cas d’école à montrer à toutes les autres disciplines des sports mécaniques ! En premier lieu, la crash box de la Lotus de Kovalainen ne s’est pas brisée nette et l’ensemble moteur/boîte n’a pas subi une translation vers l’avant qui aurait pu blesser le Finlandais. Après son looping, la Red Bull Racing de Mark Webber a apporté la preuve de la solidité de son arceau de sécurité, élément essentiel d’une monoplace dont la résistance aux fortes pressions à été renforcé ces dernières années. De plus, la cellule de survie de la RB6 a parfaitement rempli son rôle en protégeant son pilote : après avoir percuté le mur de protection à plus de 220 km/h, Mark Webber est sorti groggy mais indemne d’un effroyable accident qui aurait sans aucun doute coûté la vie au moins à l’un des deux pilotes il y a 20 ans. Enfin et le fait mérite d’être souligné même s’il est fait partie de la panoplie standard de la sécurité, aucune des deux voitures n’a pris feu.
L’accident a aussi mis en évidence d’où le problème pouvait surgir : si ce n’est de la sécurité, il prend sa source dans les pilotes eux-mêmes. La précipitation de Mark Webber ne se justifiait pas tant l’écart de performance entre une Lotus et une Red Bull Racing est grande. Du côté de Kovalainen, la volonté de défendre sa position bec et ongles avait un côté pathétique. La conjonction des deux sont les ferments de l’accident. En profitant de son F-duct et de la puissance de sa machine, Webber est arrivé comme une balle sur la Lotus. Kovalainen a certainement freiné trop tôt mais Webber arrivait également trop vite pour se permettre de rester dans l’aspiration directe de la Lotus. Aucun des deux n’a agi avec un instinct de sécurité, mais avec l’envie d’en découdre.
Plutôt que de rappeler les pilotes à la raison, David Coulthard estime que la FIA devrait niveler les vitesses maximales afin d’éviter qu’une F1 se transforme en objet balistique contre une autre. « Il est très dangereux qu’une voiture rattrape une autre très rapidement. La vitesse maximale de la Red Bull était énorme par rapport à celle de la Lotus et elle a pris le pilote par surprise » estime David Coulthard. « Il ne faut pas qu’il y ait plus de 6 ou 7 km/h d’écart entre les voitures rapides et les plus lentes. »
L’Ecossais qui s’est fait l’apôtre de la sécurité devra expliquer à la FIA comment agir de manière coercitive et efficace lorsque le delta de Vmax entre les deux monoplaces les plus efficaces du moment – Red Bull Racing et McLaren Mercedes – atteint aisément 10km/h… Au Canada, la Vmax de Webber et de Vettel était invariablement inférieur de 10 à 14 km/h sur les meilleures (Kubica, Buemi, Hamilton). A Valence, où elle était équipée du F-duct, la RB6 concédait encore une dizaine de km/h en essais libres, 6 à 8 en qualifications. |