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A une trentaine d’heures de la date butoir pour le dépôt des candidatures au championnat du monde de Formule 1, les négociations entre FIA (Fédération Internationale de l’Automobile) et FOTA (Formula One Teams Association) ne sont pas encore sur le point d’aboutir mais une tendance pourrait se dégager autour d’un accord qui verrait les deux parties concernées faire chacune un bout de chemin pour définir une mise sur orbite de la F1 du futur.
La fusée serait à deux étages, avec pour principe fondateur un plafonnement des budgets. Le premier étage serait un budget capé à €100 millions (contre les 44 que la FIA souhaitait imposer) en 2010, avec renforcement de la réduction des coûts de fonctionnement de la F1 12 mois plus tard, dans le but de tendre vers 40 ou 50 millions. L’enveloppe ne comprendrait aucun frais de communication, de marketing et n’engloberait pas plus les salaires des pilotes – qui sont parfois pour tout ou partie pris en charge par le sponsor-titre d’une écurie.
Doubler le budget qui avait initialement fait tendre l’oreille à plusieurs candidats potentiels pourrait décourager plusieurs d’entre eux et laisser planer un doute sur la faisabilité de la mise sur pied d’un business plan basé à court terme sur un budget d’une quarantaine de millions. Pour contrer cette lame de fond, FIA et FOTA jetterait un voile pudique sur l’un des aspects fondamentaux de la Formule Un : la propriété intellectuelle. En cas de dépassement du budget de €44 millions, les écuries auraient la possibilité d’acheter non seulement moteur et boîte de vitesses (KERS compris), mais également le châssis. Dans la pratique, la F1 moderne a déjà transgressé la règle : la Scuderia Toro et Red Bull Racing exploitent le même châssis par le truchement d’une société Red Bull Technology qui est le fournisseur des deux écuries appartenant au géant de la boisson énergétique.
Dans ce cas de figure, la double réglementation technique serait jetée aux orties en même temps que les prérogatives accordées aux écuries fonctionnant sur le mode du budget capé, comme le stipulait la première mouture des règlements 2010 édictée par la FIA. Selon une mécanique qui lui est familière, il n’est pas exclu que Max Mosley se soit servi du spectre d’une F1 à 2 vitesses pour effrayer les écuries et obtenir d’elles qu’elles consentent à se déplacer sur le terrain des budgets plafonnés. |