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Red Bull Racing a réalisé le week-end parfait : pole position, victoire et record du tour, un doublé Vettel/Webber, le 2è de la saison, qui laisse envisager une relance du championnat. Le GP de Grande-Bretagne a livré le scénario inverse de celui de Turquie, deux semaines plus tôt, où Button avait laminé ses rivaux. Engourdis par la fraîcheur de Silverstone, Jenson et Brawn GP pourront compter sur la chaleur du Nürburgring, de Budapest et de Valencia pour retrouver leur équilibre. Red Bull Racing peut quant à elle compter sur le développement exponentiel de la RB5.
Météo : Nuages et éclaircies
Air : 16-18°C
Piste : 28-32°C
Humidité : 51-55%
Vent : 4-8,1 m/s
Mark Webber a bien résumé le Grand-Prix de Grande-Bretagne en expliquant sans détour que Sebastien Vettel avait tué la course dès le premier relais. Contrairement au GP de Turquie, l’Allemand a capitalisé sur sa pole position et n’a pas commis la moindre faute. Malgré une monoplace plus lourde que celle de Barrichello, il est impeccablement arraché de la grille de départ et s’est inexorablement détaché à raison d’une seconde au tour en moyenne jusqu’aux premier ravitaillements : 6.1 secondes d’avance au 6è passage, 10.8 au 10è, 16.8 au 16è et près de 20 secondes au 20è, lorsque son plus proche poursuivant, Rubens Barrichello, s’est engouffré dans les stands.
Le Brésilien a involontairement participé au meurtre du suspense en retenant le seul intrinsèquement en mesure de contester la suprématie de Vettel, son équipier Mark Webber, qui regrettait d’avoir une nouvelle fois perdu toute chance de victoire la veille de la course. « Tout s’est joué hier en qualifications » reconnaît l’Australien, coupable d’une erreur dans son dernier tour des Q3 et 37 sur la grille alors que sa monoplace était plus légère que celle de Vettel, « J’espérais au moins décrocher la 1ère ligne… On a vu que Seb se détachait très rapidement dans le 1er relais et c’était difficile pour moi car j’étais bloqué derrière Barrichello. J’ai perdu la course dans le 1er relais car l’écart était beaucoup trop grand pour être comblé. »
Webber a bien profité du potentiel d’une RB5 revue et corrigée, peaufinée jusqu’au Jeudi soir où les derniers développements d’Adrian Newey étaient intégrés dans le package. Il s’est défait de Barrichello à la faveur des premiers ravitaillements et a ensuite assuré la 2è place malgré un petit pépin technique. « Dans le dernier relais, j’avais quelques soucis techniques à l’arrière et j’ai donc adopté une procédure différente. Félicitations à Seb pour son 1er relais. J’ai apprécié la course, on adore conduire une F1 comme celle-ci, c’est génial de pouvoir faire un exploit à chaque tour ! »
Echec et mat au tiers de la course ! Il restait à Vettel à ne pas partir à la faute et à sa mécanique à ne pas le trahir. Red Bull Racing s’est chargé du 2è aspect de la stratégie gagnante en demandant à son pilote de préserver ses pneus et de baisser de rythme. Vettel affirme pourtant que contrairement aux apparences, sa 3è victoire en Grand-Prix n’était pas facile. La difficulté ? Ni technique ni mécanique ni un problème de performance de la machine, du pilote ou des pneus, mais la sacrosainte concentration lorsque tout est trop… facile ! « Le 2è relais était différent du premier car il y avait pas mal de retardataires qui se battaient entre eux et il était difficile de les passer. C’était tout sauf facile, je devais rester prudent. Je vérifiais l’écart qui me séparait de mes poursuivants et je réagissais en fonction » affirme Sebastian avant d’avouer un sourire en coin, « D’accord, les 10 derniers tours étaient faciles, mais longs. C’est fantastique, ça démontre que nous sommes sur la bonne voie ! On a tous pris beaucoup de plaisir à rouler ici, surtout dans les courbes rapides, mais il fallait rester vigilant. Le départ était important, j’en ai pris un bon puis j’ai tenté de m’échapper le plus vite possible pour ensuite capitaliser sur cette avance. La voiture était extraordinaire, j’ai pu attaquer tout le temps, comme et quand je le voulais. »
CQFD. Et comme pour mieux renforcer le parallèle que la presse Allemande dresse entre lui et Michael Schumacher, Vettel s’est fendu d’un saut de cabri sur le podium, à la manière de son glorieux aîné ! La domination de Red Bull Racing en Grande-Bretagne est-t-elle le tournant du championnat, la passation de pouvoir entre l’écurie de Brackley et celle de Milton Keynes ? Prudent, Vettel explique que Silverstone a magnifié les qualités de la RB5. « J’aimerai bien que cette domination continue mais ce tracé remarquable convenait parfaitement au concept aérodynamique et mécanique de notre voiture, que ce soit dans les virages à vitesse moyenne ou rapide » précise la natif d’Heppenheim. « Ici, tous les morceaux du puzzle se sont parfaitement assemblés. On peut dire qu’on a été dominateurs ! »
Les pièces du puzzle de Button ? Elles sont thermosensibles ! Plus le paramètre Celsius est haut et plus l’assemblage se fait rapidement. Comme à Istanbul il y a 2 semaines. Plus le mercure descend et plus Button peine à faire monter ses pneus en températures – une conséquence de son pilotage doux et précis. Jenson souffre de sous-virage dans les courbes rapides et ne parvient jamais à tirer la quintessence de ses Bridgestone, comme aujourd’hui dans un Silverstone affichant 16°C. 2è paramètre clef de l’équation insoluble de Brawn GP : le vent et ses effets néfastes sur l’aérodynamique particulièrement léchée de la BGP 001. Même Barrichello, dont le style est plus malléable, était confronté au problème. « Finalement, c’était très dur. Hier, j’avais fait obtenu le meilleur résultat possible et aujourd’hui aussi. Ils étaient imbattables » résume le Brésilien. « Il est maintenant évident que notre lutte au championnat se fera contre eux. Le vent transversal me déportait sur la partie sale de la piste et il était difficile de rester sur la trajectoire idéale ». Malgré sa déception, Rubens a la satisfaction de battre son équipier pour la 1ère fois de la saison… « Dans l’optique du championnat, nous avions pour objectif de combler une partie de l’écart qui nous séparait de Jenson et je pense que nous y sommes bien arrivés. »
Pour Button, un embryon de solution passait par les pneus tendres. Il s’agit de la 1ère erreur stratégique de Brawn GP depuis le début de la saison. Le Britannique était notablement plus véloce avec les Bridgestone cerclés de vert mais a effectué son plus long relais en pneus durs. Sans la lenteur relative de Jarno Trulli, Button aurait terminé son GP national à la 8è place. « J’étais plus rapide en pneus tendres et mon rythme était bon lorsque je roulais avec ces derniers » observe Jenson, « Par rapport à Rosberg et Massa, mon rythme était même excellent en fin de course. »
Derrière le trio de tête, Massa s’est approprié une belle 4è place depuis la 11è sur la grille de départ. Le Brésilien a profité du bouchon Trulli, qui a fait perdre une demi-seconde par tour à Räikkönen pendant les deux tiers de l’épreuve. Formidablement bien parti, le Finlandais pointait au 5è rang après un tour – merci le KERS ! Puis il fut victime du timing de son pit stop. Plus son auteur le retardait et plus il effectuait un bond en avant au classement. Trulli a dépassé Räikkönen, Rosberg a fait de même avec Nakajima et Räikkönen et Massa a doublé ces 4 pilotes à la seule faveur des pit stops ! Sans Red Bull Racing, Ferrari aurait pu se targuer d’avoir fait la jonction avec Brawn GP à Silverstone. Mais le sceptre avait changé de main et la plus véloce des monoplaces rouges a franchi la ligne d’arrivée 45 secondes après le vainqueur. |