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27 Juin - 16:15
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Vettel de bout en bout

Le circuit de Valence a fait mentir sa réputation de mauvais élève de la classe F1 en offrant une course débridée au suspense parfois artificiel mais constant et riche en dépassements, y compris les plus imprévus (Webber a perdu 7 places dans le premier tour, Kobayashi en a gagné deux dans le dernier) ou illicites (Hamilton a dépassé la voiture de sécurité). En remportant le 20è Grand-Prix d’Europe pendant que Webber échappait au pire dans un effroyable accident, Sebastian Vettel a réalisé une excellente opération et se positionne devant son équipier au championnat, dans le sillage des pilotes McLaren.

 

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La victoire de Sebastian Vettel dans le 20è Grand-Prix d’Europe est la seule donnée logique d’une course hirsute qui n’a pas ménagé ses efforts pour faire rebondir le spectacle et le suspense. Sur un circuit urbain structurellement réfractaire aux dépassements et à l’ère de l’interdiction des ravitaillements, chacun s’attendait à vivre une longue procession de 57 tours. D’où l’accent mis par chacun des gros bras sur les qualifications. D’où également le coup de blues de Button en apprenant sa 7è position sur la grille, la déprime passagère de Stefano Domenicali et Chris Dyer (respectivement directeur et ingénieur en chef de la Scuderia Ferrari) en constatant qu’Alonso passait du statut de favori pour la chasse à la pole position à celui de 4è meilleur performeur des qualifications.

 

Le premier tour de course a battu en brèche le dogme d’une course soporifique. Lewis Hamilton a parfaitement bondi depuis l’intérieur de la 2è ligne de la grille et n’a pas laissé le temps à Webber de lui couper la trajectoire malgré une amorce de manœuvre de l’Australien. Pire, ce dernier péchait par excès de prudence en enroulant le 1er virage et voyait Alonso puis Massa lui filer sous le nez. Ce sont au total 7 places que Webber perdait en l’espace de 2 km. 9è derrière Hülkenberg et dans l’incapacité de déborder le pilote Williams, Mark a devancé l’appel de son ravitaillement, qu’il a effectué au 7è passage. Ressorti devant les Virgin Racing mais derrière la Lotus de Kovalainen, une mésentente entre le Finlandais et l’Australien a propulsé Webber dans l’arrière de la T127. La Red Bull Racing s’est envolée dans les airs dans un remake effrayant de l’accident Gonzalez/Kral de la course dominicale de GP2 (lire notre article). Mêmes causes, mêmes conséquences, au même endroit du circuit, le virage 17 et son immense échappatoire. Après un looping, la RB6 est retombée sur l’arceau de sécurité et a fini sa course folle à plus de 200km/h dans un mur de protection. En sortant indemne de l’accident, Webber a fait le plein de chance à défaut de points.

 

Au moment où l’intervention de la voiture de sécurité était annoncée, les 5 premiers de la course (Vettel, Hamilton, Alonso, Massa, Kubica), étaient déjà trop engagés dans le 10è tour pour rentrer aux stands. 6è, Button s’y engouffrait. A l’opposé de l’allée, la voiture de sécurité entrait en scène côte-à-côte avec Hamilton qui n’hésitait pas une seconde et passait devant elle avant qu’elle ne se rabatte sur les deux Ferrari. La manœuvre qui se jouait à quelques centimètres près, sera jugée illicite par le collège des commissaires – alertés par un Alonso furibond – et Hamilton se verra infliger une pénalité drive through… sans grande conséquence puisque le Britannique s’était ménagé une avance nécessaire et suffisante pour conserver sa 2è place. L’opération blanche ulcérait un peu plus le passager de la voiture rouge qui, retenu par la voiture de sécurité a dû effectuer une boucle supplémentaire avant de passer par les stands et a perdu 7 places. Hamilton avait bénéficié du concours involontaire de Kobayashi, 3è derrière lui après avoir refusé de changer de pneus pendant la neutralisation. Le Nippon tenait en respect un petit train Button/Barrichello/Kubica/Buemi/Sutil/Alonso et avait protégé la fuite de l’Anglais. L’ironie du sort voudra que Kobayashi sera le bourreau d’Alonso (et de Buemi) dans le dernier tour. Chaussée de pneus tendres depuis le 54è tour (elle avait chuté à la 9è place), la C29 était d’une efficacité désarmante et offrait à l’écurie Suisse son meilleur résultat de la saison (7è).

 

Devant Kobayashi, Adrian Sutil est un brillant 6è qui revient sur les talons de Schumacher au championnat. Perdu dans ses réglages (elle a dû se défaire de ses échappements bas qui surchauffait le train arrière et le diffuseur de la W01) et dans l’exploitation des pneus, l’écurie double championne du monde en titre a mis à fait du GP d’Europe une séance d’essais grandeur nature. Schumacher a changé 3 fois de gommes Bridgestone en alternant les durs et les tendres.

 

Au championnat, les deux pilotes McLaren (Hamilton 127, Button 121) et les deux sociétaires de Red Bull Racing (Vettel 115, Webber 103) se tiennent en 24 points, soit moins que les points que rapportent une victoire en 2010. 5è avec 96 points, Alonso n’est pas véritablement décramponné mais l’Asturien n’a pas obtenu en Espagne le résultat qu’il était en droit d’attendre. Le double champion du monde Espagnol mesure d’autant plus sa détresse qu’en Grande-Bretagne, dans deux semaines, McLaren étrennera un nouveau package radical de sa MP4-25…

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