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13 Mars - 13:31
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Vettel en pole position

La première pole position de la saison a boudé les 4 champions du monde du plateau et s’est offerte à Sebastian Vettel, auteur d’une séance en tout point remarquable de gestion et de rapidité. En embuscade, les Ferrari comptent sur leur vélocité dans les longs relais pour faire trébucher le taureau rouge. McLaren Mercedes marque le pas et Mercedes GP ne s’explique pas sa perte de performance entre les essais libres de la matinée et les qualifications. La chaleur n’est certainement pas étrangère au malheur des flèches d’argent et jouera un grand rôle demain en course où Adrian Sutil et son train de pneus durs auront une carte à jouer.

 

Météo : Soleil

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Piste : 42-47°C

 

Le 61è championnat du monde de Formule Un est définitivement lancé. Pilotes, ingénieurs, presse spécialisée et spectateurs avertis attendaient fébrilement la première séance qualificative de l’année, aujourd’hui à Bahreïn, pour lever l’incertitude qui planait depuis les essais hivernaux sur l’état des lieux des forces en présence. Les essais libres avaient apporté quelques indices : 1) rouillé, Schumacher ne peut rivaliser avec Rosberg, 2) McLaren Mercedes souffle le chaud avec son aileron arrière mais est plus frileuse dans ses performances, 3) Force India (avec Sutil) et Renault (avec Kubica) sont les outsiders n°1.

 

Mais le plat de résistance devait encore livrer toute sa saveur. On le sait ce soir, il a un goût de taureau rouge vitaminé et il est relevé par une épice de cheval cabré. Sebastian Vettel a planté les jalons de sa domination dès les Q1 lorsque le jeune Allemand a eu le culot de ne faire qu’un run pour se qualifier alors que tous ses adversaires avaient besoin de se rassurer et de commencer à s’étalonner. En Q2, Vettel a enfoncé le clou avec un 1:53.883 qui restera comme la référence du circuit de Sakhir 2010. 15 minutes plus tard, Sebastian avait le désagrément d’être un des rares pilotes à ne pas améliorer sa performance des Q2, mais la satisfaction d’être le premier poleman de l’année. « C’est une surprise, oui ! » souriait Vettel, « Personne ne savait à quoi s’attendre car personne ne savait ce que les autres faisaient cet hiver en essais privés. On était dans le coup mais pas vraiment devant, on n’a pas pu rouler autant qu’on voulait hier et nos ingénieurs ont beaucoup travaillé cette nuit. Mais on savait que nous avions une bonne base pour les qualifications » poursuit Vettel en sous-entendant que l’inquiétude pourrait se dessiner en course.

 

   

 

Demain, il faudra s’inscrire dans la durée, ménager ses pneus et savoir quand et comment tirer la quintessence des deux spécifications Bridgestone qui sont cette année beaucoup plus distantes en performance qu’en 2009. La chaleur aura son mot à dire sur le long terme. « On ne sait pas ce qui se passera demain, ça pourrait être excitant, ou ennuyeux ! » s’esclaffe le fer de lance de Red Bull Racing, « Je m’attends à une course difficile, il faudra attaquer et être fort du départ à l’arrivée. La première partie de la course sera cruciale car il faudra ménager ses pneus… on part dans l’inconnu. »

 

« Il est impossible de prédire ce qui se passera mais c’est de cette manière là qu’il fallait commencer la saison » confirme son voisin de gauche dans la salle de presse, Fernando Alonso, auteur du 3è meilleur chrono des Q3 dans le sillage de son équipier, Felipe Massa. L’Espagnol n’a pas (encore) pris ombrage de la domination de son équipier. Pour lui, habitué depuis 2 ans aux débuts de saison calamiteux, l’essentiel était ailleurs. « Avec peu d’essence on sait qu’elle est la performance intrinsèque de chaque voiture et on sait que la nôtre est forte. En course, on sait qu’on sera dans le paquet de tête et c’est très différent d’un début de saison en fond de peloton quand on se dit qu’il va falloir donner un coup de collier sur le développement. »

 

La nouvelle version du circuit de Sakhir, rallongée à 6,299 km (le 2è plus long de la saison après Spa-Francorchamps) par le truchement d’un second secteur tortueux, ne plait guère aux pilotes. Mais elle a une vertu : compliquée car bosselée, sinueuse, elle a le profil de la portion où se créent les écarts. « Il est difficile de tout bien faire car le tour est très long et les conditions sont compliquées » confirme Fernando Alonso, « Il est difficile de faire des comparaisons d’un tour sur l’autre et la moindre petite erreur est pénalisante. Le chrono final est donc le révélateur de la qualité qui a été la vôtre sur l’ensemble du tour. Mais c’est OK pour moi ; nous sommes contents de ce résultat d’ensemble. Jusqu’à présent tout est génial, nos essais privés étaient remarquables et être 2è et 3è, c’est une belle récompense pour tout le monde, ici comme à Maranello. »

 

A droite de Vettel, un revenant dans le grand barnum de la F1. Felipe Massa, grièvement blessé au GP de Hongrie l’année dernière, a définitivement chassé les soupçons qui pouvaient planer sur son retour ; le Pauliste ne souffre d’aucune séquelle de son accident et il a retrouvé l’agressivité qui a fait de lui l’un des deux meilleurs pilotes des qualifications ces dernières années. « En premier lieu, je félicite Sebastian d’avoir obtenu la 1ère pole de l’année » a déclaré Massa, « C’est sublime d’être de retour dans un environnement compétitif. On est de nouveau sur la bonne voie après tant de difficultés. Je suis content d’être de retour, je me suis préparé de la meilleure manière qui soit. En bref, je suis heureux ! L’année dernière, le début de la saison a donné le tempo pour toute l’année et il était donc important de partir du bon pied. Nous sommes 2è et 3è en performance pure, c’est bien. »

 

En course ? Felipe concède qu’il faudra décrypter la boîte noire des stratégies et de l’exploitation des gommes, mais son objectif est à l’opposé, très clair, « On verra ce que ça donnera demain, la Red Bull Racing sera surement rapide mais nous nous battrons pour la victoire. Hier, on a roulé avec des quantités d’essence importantes, on pense avoir maîtrisé ce paramètre mais on ne sait pas trop ce qui se passera en course, au niveau des stratégies. Il faut attendre de voir ce que ça donnera. »

 

Les McLaren Mercedes et Mercedes GP sont les grandes absentes du tiercé de tête. Button tente de se rassurer en affirmant à tort que l’intégralité du top 10 s’est qualifié avec des pneus tendres (Sutil était équipé de pneus durs) et qu’il est urgent d’attendre de voir comment les stratégies se mettent en place. A l’affût en 4è position, Hamilton compte sur son principal atout : lui-même. Chez les flèches d’argent, Schumacher officialise le retard qu’il a pris dans l’exercice du tour lancé et la nécessité de mieux comprendre la W01 pour en tirer le meilleur parti.

 

Mais de haut en bas du top 10, une certitude était commune à toutes les écuries : la hiérarchie de la course pourrait être bien différente de celle des qualifications…

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