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Mark Webber a signé sa 5è pole position de la saison à Spa-Francorchamps et prend un ascendant certain sur son équipier, Sebastian Vettel, rejeté à l’extérieur de la 2è ligne, ainsi que sur Fernando Alonso, médiocre 10è performeur des qualifications du 55è Grand-Prix de Belgique. Webber ne pouvait pas s'offrir plus beau cadeau d'anniversaire pour souffler ses 34 bougies. Les intempéries ont tenté de redistribuer les cartes, parfois avec grand succès comme en témoigne le passage en Q2 de deux représentants des petits Poucets du plateau, Kovalainen (Lotus) et Glock (Virgin Racing). Elles seront encore le fil rouge de la course et pourraient balayer la hiérarchie des qualifications d’une seule bourrasque bien placée dans le temps et dans l’espace.
Météo : Soleil, nuages et pluie
Air : 15-16°C
Piste : 18-27°C
Vent : 0,4-5,1 m/s
Humidité : 60-75%
Webber sans l’air d’y toucher
Mark Webber a renoué avec la pole position au meilleur moment pour sa candidature au titre mondial : sur le juge de paix de la saison (Spa-Francorchamps), pour la reprise du championnat, au moment où Red Bull Racing commence à se demander si elle ne devrait pas emboîter le pas de la politique partiale de Ferrari, et enfin lorsque ses deux plus dangereux rivaux théoriques, Sebastian Vettel et Fernando Alonso, enregistrent une contreperformance.
C’est sans l’air d’y toucher que le leader du championnat s’est approprié sa 5è pole position de l’année qui est également la 12è de Red Bull Racing en 13 tentatives. L’Australien a terrassé Vettel dans son exercice de prédilection en forçant l’allure avec le timing parfait : en Q1 lorsque la piste séchait en fin de séance, en Q2 en étant l’un des rares à préserver ses intermédiaires pour chausser des pneus tendres et en Q3 en jetant toutes ses forces dans la bataille lorsque la piste était à son optimum. Le microclimat de la Source, qui ne pouvait pas mieux porter son nom, a eu raison des secondes tentatives de Vettel et d’Alonso. 8è de la Q1, 4è de la Q2 derrière Hamilton, Button et Vettel, Webber a préparé sa pole position avec méthode et sérénité.
Ferrari n’a pas fait de pari osé
De leurs côtés, les adversaires de Webber ont brillé au mauvais moment. En Q1 pour Alonso, en Q2 pour Vettel. Si Sebastian avait assuré ses arrières en Q3, Fernando est retombé dans un travers bien connu chez Ferrari depuis Sepang où le cheval cabré s’était cassé le museau sur la Q1 en boudant la piste alors que la pluie menaçait. A Spa-Francorchamps, Ferrari ne peut pas être taxée de suffisance. Elle a demandé à ses pilotes de produire leur effort au bon moment. Fernando avait d’ailleurs juré qu’on ne l’y prendrait plus en expliquant hier « Avant de penser à faire la pole position, il faut d’abord voir ce que nous réserve la météo. S’il pleut, on prendra la piste sans attendre car on apprend toujours des expériences passées… ».
Seulement voilà, la F10 qui était déjà rétive hier sur piste sèche, n’avait toujours pas le meilleur équilibre aujourd’hui. Alonso a souhaité chauffer ses gommes lors de son premier tour lancé et a bouclé les deux premiers secteurs en conséquence – il accusait une demi-seconde de retard sur Massa dans chacun des deux. Aussi, lorsque la Source ne s’est pas tarie à 3 minutes du drapeau à damier, Alonso s’est senti pris dans la nasse. Il a bouclé le premier secteur avec une demi-seconde de retard sur son tour précédent qui n’était pas un modèle du genre et s’il a forcé l’allure pas la suite, c’était un chant du cygne qui a condamné le ténor Asturien à la 10è place sur la grille de départ.
Le doigté d’Hamilton
« Il y a quelques gouttes à la Source mais ne te laisse pas impressionner par elles » a demandé l’ingénieur de Vettel à son pilote. Alonso n’a pas eu besoin de consigne pour faire itou. Mais une petite voix et une grosse perte d’adhérence au moment de braquer et de faire passer la puissance au sol a noyé les espoirs de l’Allemand et de l’Espagnol dans une plaque d’humidité. Sebastian y a laissé 6 dixièmes de seconde, Fernando 5.
Un seul pilote est parvenu à se montrer plus fort que mère Nature à Spa-Francorchamps. Lewis Hamilton est sans conteste le plus grand funambule du moment, doté d’un talent rare, celui de trouver les dixièmes de seconde que l’ADN de sa monoplace ne possède pas. Le Britannique a laissé filer 2 dixièmes à la Source en retardant son freinage et en prenant le virage à la manière d’un pilote de rallye plutôt qu’en tentant de l’enrouler de force. Sur sa lancée il a amélioré son deuxième partiel et a signé le meilleur dernier secteur.
Robert Kubica complète le tiercé de tête avec brio en devançant Vettel, Button et Massa. Le Polonais fait le meilleur usage de sa R30 et fait faire des cauchemars à Mercedes GP dont les deux pilotes (Schumacher 11è, Rosberg 12è) prendront place dans les tréfonds de la grille de départ une fois leurs pénalités appliquée (lire notre article Rosberg reculera de 5 places sur la grille). Ah si seulement le losange pouvait également compter sur un deuxième pilote en mesure de marquer des points à la régulière ! L’étoile de Mercedes aurait depuis longtemps été reléguée dans un trou noir de la constellation F1. Vitaly Petrov n’a pas bouclé le moindre tour chronométré aux qualifications de Spa. Le Russe a froissé sa Renault contre un rail après en avoir perdu le contrôle à la suite d’un passage sur un vibreur gorgé d’eau, lors de son tour de lancement. Une faute banale, excusable ? Pas tant que ça ! « J’ai voulu tester le vibreur et il était simplement trop mouillé » a avoué Petrov. Vous avez dit consternant ?
La hiérarchie du jour a ceci de particulier en Belgique qu’elle ne préfigure en rien ce que sera celle de demain. Contrairement à certains tracés où le résultat de la course se décide le Samedi après-midi, Spa-Francorchamps et son trublion (la météo), se réservent le droit de doucher les espoirs des uns en course, d’en noyer d’autres, de faire surnager un tel. Le premier suspense sera la négociation de la Source par le tandem Webber/Hamilton. L’Australien est rugueux mais le Britannique n’a pas son pareil pour prendre des envols fulgurants. 9 places plus loin, Alonso tentera sagement d’éviter de se faire harponner dans un virage qui fut souvent la Source de nombreux carambolages… |