La course a apporté l’explication des qualifications médiocres de Ralf Schumacher et Juan Pablo Montoya, qui avait pourtant fait montre d’un certain potentiel en début de week-end : les deux sociétaires de l’écurie de Grove se sont élancés en qualifications (et donc en course, par fermé oblige) avec plus d’essence à bord que la majorité de leurs concurrents.
Au final, les deux FW26 ont globalement fait jeu égal avec les Renault, mais étaient loin de pouvoir se mêler à la lutte en tête avec les Ferrari, BAR Honda ou McLaren. Cette dernière ne possède que 6 points de retard sur l’écurie de Sir Frank Williams, qui doit encore résister à Suzuka et Interlagos pour préserver sa 4è place au championnat Constructeurs. 1.5 millions de dollars seront donc en jeu pour la final du championnat !
Juan Pablo Montoya a effectué une course sage pur intégrer le top 8 et marquer 4 points en terminant à seulement 13 secondes d’Alonso qui était pourtant 9 places devant lui au premier virage, et qui se crachait dans les mains dans les derniers tours, au point de signer ses meilleurs temps dans les 3 derniers tours de course. Le Colombien ne pouvait espérer meilleur résultat aujourd’hui. La FW26 n’est tout simplement pas au niveau des meilleures.
Après des essais libres et qualificatifs probants, le retour de Ralf Schumacher en Grand-Prix se termine en queue de poisson. Après avoir été un bref leader de l’épreuve à la faveur de son ravitaillement tardif, l’Allemand a jeté l’éponge après avoir dû rentrer aux stands, pneus arrière gauche crevé par l’agression de David Coulthard au 37è tour. Après quelques secondes d’hésitation et de diagnostic, mais surtout après s’être occupé de Montoya qui rentrait aux stands quelques secondes après Ralf, l’écurie Williams s’apprêtait à changer les gommes et à relancer Ralf en course, mais le cadet des frères Schumacher, vexé, avait déjà bondi hors de sa monoplace et enlevé casque et gants, signifiant très clairement à ses patrons qu’il n’avait aucune intention de retourner au charbon.
Juan Pablo Montoya (5è à 45.1) : Mon départ ne fut pas trop mauvais et j’ai pu passer Panis. Mais je suis parti sur le côté sale de la piste et je me suis retrouvé comme scotché alors que tout le monde me passait. J’ai essayé de regagner quelques places et j’ai dépassé Villeneuve, qui a cependant rapidement repris l’avantage car sa monoplace avait une bien meilleure traction. C’était fun ! J’étais bloqué par le trafic dans la première partie de la course, mais la seconde était bien meilleure. J’étais proche de Sato mais j’ai fait une erreur avant mon pit stop, avant qu’il n’en fasse une à son tour, ce qui m’a permis de le contenir. Finir 5è est une bonne chose étant donné ma position sur la grille et je suis content de ramener des points à l’écurie.
Ralf Schumacher (Abandon) : Il est vraiment dommage que ma course se soit arrêtée trop tôt. J’avais une crevaison à la suite d’un contact avec Coulthard. Il a essayé de me dépasser mais je pense que sa manœuvre était beaucoup trop optimiste. Je suis rentré aux stands pour réparer car nous pensions que la voiture était endommagée. Après un examen minutieux les ingénieurs ont cependant décidé que je pouvais reprendre la course. Mais trop de temps s’était écoulé et il était trop tard pour repartir en course, j’aurais été à deux tours du leader. C’est dommage car je me battais dans le top 5.
Sam Michael (Directeur Technique WilliamsF1) : Ce n’est pas une bonne journée en terme de résultat. Les performances de la voiture et les stratégies n’étaient cependant pas mauvaises. Juan a pu remonter et marquer quelques points. Ralf a dû rentrer aux stands pour changer une roue crevée à la suite d’une collision avec Coulthard, mais nous attendions malheureusement Juan Pablo. Ce qui s’est passé entre Ralf et Coulthard est un incident de course, qui a malheureusement empêché Ralf de marquer des points. Nous n’avons eu aucun problème du côté de la fiabilité.
Mario Theissen (Directeur BMW Motorsport) : Le premier Grand-Prix de Chine fut une réussite mais nos attentes n’ont cependant pas été comblées… Nos deux pilotes ont perdu des places au départ et ont été bloqués une bonne partie de la course. Nous nous sommes d’abord occupés de Juan après l’incident de Ralf ; lorsqu’il est devenu clair que sa voiture n’avait qu’une crevaison, il était trop tard pour le relancer en course.